Trouver un article
Examiner les preuves scientifiques lors des procès criminels, conseiller les entreprises au moment de déposer un brevet, défendre le droit des patients victimes d’erreurs médicales : les juristes scientifiques ont du pain sur la planche!

Le droit jumelé aux biotechnologies? Une voie gagnante! estime Me Louise Bernier, avocate, professeure à l’Université de Sherbrooke et responsable de la formation intégrée de bac-maîtrise en droit-biotechnologie. «Le taux de placement de nos étudiants, une quinzaine par année, est excellent», soutient-elle. Il faut dire que la formule, mise sur pied en 2002, est unique en son genre au Canada. «Il existe des maîtrises ou des concentrations en droit et biotechnologie, par exemple, mais nous sommes les seuls à offrir un parcours spécifique permettant à la fois de former des juristes, mais aussi des scientifiques», précise-t-elle.
Ainsi, entre les cours de droit civil ou constitutionnel se glissent des formations concernant l’éthique et les biotechnologies, le génie génétique et la biologie cellulaire. À la fin de leurs études, qui s’échelonnent sur quatre ans, les sortants décrochent non seulement un baccalauréat en droit, mais également une maîtrise en biologie avec cheminement en biotechnologie moléculaire et droit. «Les diplômés peuvent travailler dans des secteurs comme la propriété intellectuelle, le droit médical, l’environnement, l’éthique et même le droit criminel», souligne Me Bernier.
| Pub. |
Même si le diplôme de l’Université de Sherbrooke se révèle un atout pour se tailler une place dans ce domaine, d’autres avenues sont possibles. Par exemple, Me Julie Dallaire, avocate spécialisée en propriété intellectuelle au cabinet Ogilvy Renault, a à son actif deux baccalauréats : l’un en microbiologie et l’autre en droit. «Quand on travaille de concert avec des experts scientifiques de renommée internationale sur certains dossiers, c’est tout un atout de pouvoir parler le même langage qu’eux», estime-t-elle.
Par ailleurs, les avancées scientifiques vont à une telle vitesse que la loi n’est pas toujours adaptée à la réalité. Si bien que les juristes doivent souvent trancher en se fiant à l’éthique. Par exemple, comment encadrer les organismes génétiquement modifiés, les tests génétiques, les recherches sur les cellules souches, la procréation assistée ou le clonage, pour éviter les dérapages? «Dans cette optique, nous tentons de développer l’esprit critique des étudiants tout en les incitant non seulement à bien cerner les enjeux juridiques, mais aussi à les anticiper et à prévoir les enjeux d’avenir possibles», affirme Me Louise Bernier.