Secteurs en vedette - Énergie

Ménager ses transports (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 7
août 2008

Pour donner un coup de pouce à l’industrie, des programmes comme Écoflotte, de Ressources naturelles Canada, visent à faire connaître aux gestionnaires de parcs de véhicules des pratiques éconergétiques afin de réduire la consommation de carburant. Parmi elles, il y a le maintien d’une vitesse constante et le respect des limites. Les camionneurs peuvent demander aux constructeurs certaines caractéristiques pour le régime moteur et miser sur un meilleur aérodynamisme des véhicules en installant des panneaux de fibre de verre et des «jupes» autour du camion. Ils peuvent également mieux gérer le ralenti.

Par exemple, les camionneurs font rouler leur moteur à l’arrêt de deux à six heures par jour, sous prétexte de chauffer ou de climatiser la cabine. Certains installent des génératrices qui consomment moins d’énergie pour faire fonctionner le chauffage et le climatiseur sans devoir faire tourner le moteur.

Pub.

«Certaines entreprises de transport s’interrogent sur les différentes mesures à mettre en place pour économiser le carburant», remarque Douglas Labelle, ingénieur à la direction des secteurs transport, industrie et innovation technologique de l’Agence d’efficacité énergétique, l’organisme gouvernemental chargé de la promotion de l’efficacité énergétique au Québec.

Le Groupe Robert, lui, ne s’interroge plus. Cet important transporteur de marchandises a implanté plusieurs mesures pour réduire les 55 millions de litres de carburant que sa flotte de 1 100 camions consomme chaque année. Moteurs moins polluants, ordinateurs de bord qui règlent la vitesse en fonction du poids du chargement, installation de génératrices qui consomment moins de carburant pour chauffer ou climatiser la cabine font partie des mesures adoptées.

La ministre québécoise des Transports, Julie Boulet, a aussi annoncé en mai dernier la création d’une compensation financière : un pourcentage est ajouté au tarif habituellement payé pour le transport de matériaux par les camionneurs artisans qui œuvrent pour le compte du ministère. La compensation est déterminée en fonction de la moyenne du prix du carburant au cours du mois précédent.

D’autres secteurs touchés

L’industrie de la plasturgie, dont la matière première est la résine de plastique, un sous-produit du pétrole, souffre également de l’envolée du prix de l’or noir. Guylaine Lavoie, directrice générale de PlastiCompétences, le comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie des plastiques et des composites, explique que plusieurs entreprises explorent des solutions de rechange. «On fabrique, par exemple, des contenants de styromousse et des sacs à base de maïs, ou encore des ustensiles avec de la fécule de pomme de terre. Le recyclage, qui permet de récupérer la résine, est aussi favorisé pour limiter l’achat de matière première», dit-elle.

L’industrie de la construction accuse aussi le coup. «Il faut du carburant pour faire fonctionner machinerie et équipements, transporter le matériel, etc. Quand on augmente le prix d’un intrant, cela a un impact sur le coût total», indique Luc Bourgoin, économiste à l’Association de la construction du Québec. Il ajoute que les entreprises ne veulent pas nécessairement refiler la facture aux clients et tentent au contraire de contenir les prix pour demeurer concurrentielles. Mais ce faisant, elles diminuent leur marge bénéficiaire.

Toutefois, M. Bourgoin estime que le vrai danger proviendrait plutôt de l’impact global sur l’économie. «Si la hausse du prix du pétrole entraîne un ralentissement, la confiance des consommateurs va être affectée, ce qui peut influer à la baisse sur les commandes de travaux», poursuit-il.

Un effet qui pourrait laisser bien des entrepreneurs sur le carreau... et des travailleurs sur la paille.


guide de survie

Quelle serait la pire gaffe lors d’un party de bureau?









Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

NOS AIGUILLEURS