La mise en place de la réforme scolaire aux ordres d’enseignement primaire et secondaire engendre un drôle d’effet sur un réseau scolaire pourtant moins fréquenté : il manque de profs! Les besoins sont immédiats, et la relève… à des années-lumière. D’où la présence de mesures exceptionnelles comme les tolérances d’engagement.

Un peu plus de 185 200 employés ont été rémunérés par les 2 756 établissements du réseau de l’enseignement préscolaire, primaire et secondaire public du Québec en 2007-2008.
De ce nombre, près de 104 000 ont effectué une tâche d’enseignement. Malgré ces chiffres impressionnants, cette armada ne suffit pas à la tâche.
Le manque de personnel enseignant qualifié au primaire et au secondaire a obligé le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) à délivrer 2 345 tolérances d’engagement (457 dans le réseau privé et 1 888 dans le réseau public) en 2007-2008.
«Ces autorisations temporaires permettent aux commissions scolaires d’embaucher du personnel sans formation de professeur pour répondre aux besoins de main-d’œuvre, explique Stéphanie Tremblay, conseillère aux communications au MELS.
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La plupart des personnes recrutées ont toutefois un baccalauréat ou une maîtrise en lien avec la matière qu’elles enseignent.»
Au total, 307 professeurs sans permis ont été embauchés en adaptation scolaire, 274 en anglais langue seconde, 244 en mathématiques, 241 en religion, morale, éthique et culture religieuse et 209 en français langue d’enseignement.
C’est la poursuite de la réforme de l’éducation au secondaire qui entraîne une modification de la demande d’enseignants dans certaines spécialisations recherchées.
Effets de budget
Le dernier budget du gouvernement du Québec, déposé en mars, devrait avoir peu d’impact sur les prévisions d’embauche du réseau scolaire.
La hausse des ressources pour le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport – 490 millions de dollars, ou 3,5 % – devrait à peine suffire pour couvrir les augmentations de coûts du système. La hausse des crédits pour les seuls secteurs primaire et secondaire atteint 2,7 %.
Au moment de mettre sous presse, le détail des crédits accordés suivant ce budget par le Conseil du trésor n’étant toujours pas connu, il est impossible de savoir de quelle manière l’enveloppe sera distribuée sur le terrain. Cependant, il est écrit dans les documents budgétaires que les 13 milliards de dollars accordés à l’éducation pour le budget 2009-2020 permettent «d’assurer le maintien de la qualité des services éducatifs» et «de poursuivre les actions entreprises au cours des dernières années».
Par exemple, en septembre prochain, seul le nombre d’élèves des classes de troisième année du primaire sera diminué de 10 %. En milieux défavorisés, la réduction de 20 % des classes de troisième et de quatrième année promise il y a un an se concrétise.
Fréquentations publiques
En 2007-2008, 87,9 % des élèves du primaire et du secondaire étudiaient dans le réseau public, un pourcentage qui se maintiendra dans les prochaines années selon le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. Du côté des cégeps, le réseau public accueille 90,1 % des élèves, une part qui s’accroît chaque année.
Un peu plus de 185 200 employés ont été rémunérés par les 2 756 éta- blissements du réseau de l’enseignement préscolaire, primaire et secondaire public du Québec en 2007-2008. De ce nombre, près de 104 000 ont effectué une tâche d’enseignement.
Dans les 52 cégeps de la province, on comptait 23 597 enseignants en 2006-2007. Quant aux 19 universités, elles fournissent du travail à plus de 9 300 professeurs- chercheurs réguliers.