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Des emplois de première classe!

Retraites, hausse de la natalité, diminution du ratio enseignant/élèves : au cours des prochaines années, des milliers de postes seront à pourvoir dans les écoles du Québec.

par Anne-Marie Tremblay




Depuis 2006, le nombre de naissances a gonflé au Québec. Les premiers enfants de ce mini baby-boom commenceront bientôt à quitter les garderies pour entrer à l’école. Une réalité qui stimulera l’embauche d’enseignants, surtout au primaire. «La diminution progressive du nombre d’élèves par classe jusqu’en 2014 créera aussi des besoins importants», estime Manon Bernard, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement. Pour répondre à cette nouvelle demande, le syndicat a d’ailleurs négocié avec le gouvernement la création de 3 100 postes entre 2010 et 2014.

«La plupart des nouveaux postes sont offerts aux finissants des facultés québécoises d’éducation, dont le nombre est nettement inférieur aux besoins», indique Simon Fortin, agent d’information au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS). En effet, les chiffres sont éloquents : entre 2011 et 2014, le MELS estime qu’il faudra embaucher plus de 2 500 enseignants par année dans les écoles primaires du secteur public. Pourtant, il émet annuellement une moyenne de 1 379 brevets d’enseignement aux diplômés en enseignement préscolaire et primaire. Au secondaire, les effets de la diminution du nombre d’élèves par enseignant commenceront à se faire sentir en 2013; le MELS prévoit qu’il faudra alors embaucher 884 nouveaux enseignants. Par contre, une moyenne de 762 diplômés obtiennent leur brevet chaque année.

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Avant de crier à la pénurie, certaines nuances s’imposent toutefois, souligne le directeur des relations du travail à la Fédération des commissions scolaires du Québec, Bernard Tremblay. «Ces données ne font pas de différence entre les postes permanents et ceux à temps partiel qui incluent des contrats comme les remplacements de congés de maternité.» Les besoins ne sont parfois que temporaires. Ainsi, les diplômés en début de carrière doivent généralement renouveler leur contrat à chaque rentrée. Sans compter qu’il existe des différences régionales. «Certains secteurs sont tout de même en pénurie chronique, comme l’enseignement des sciences et des mathématiques au secondaire, dit M. Tremblay. Les universités ne réussissent pas à pourvoir toutes leurs places; les finissants sortent donc au compte-gouttes.»

Les enseignants spécialisés en langue seconde, en arts, en musique et en éducation physique seront également recherchés. Entre 2011 et 2014, il faudra en embaucher plus de 1 000 par année pour pourvoir des postes permanents ou à temps partiel. Dans ce cas, le MELS délivre un peu plus de 700 brevets par année, en moyenne. La demande est particulièrement importante en anglais langue seconde, car les écoles primaires ont augmenté le nombre d’heures allouées à l’enseignement de cette matière.

Secteurs professionnel et collégial

En formation professionnelle, les diverses mesures pour inciter les jeunes à s’y inscrire et le vieillissement de la main-d’œuvre ont un effet sur l’embauche d’enseignants. Les personnes intéressées à enseigner leur métier doivent toutefois s’inscrire au baccalauréat en enseignement professionnel pour obtenir une autorisation provisoire d’enseigner.

Du côté du collégial, les prochaines années seront plutôt marquées du sceau de la stabilité. En effet, si l’effectif enseignant est vieillissant, le nombre d’étudiants diminue.

Selon les données d’Emploi-Avenir Québec de Service Canada, le réseau pourrait tout de même avoir besoin de 1 850 enseignants par année d’ici 2013, pour la formation professionnelle et collégiale.

À l’université

Après un quasi-gel de l’embauche dans les années 1990, les universités ont elles aussi besoin de sang neuf et ont amorcé le renouvel­lement de leur effectif depuis les années 2000. En 2008-2009, plus de 65 % des professeurs étaient âgés de plus de 45 ans, selon une étude de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec publiée en 2010. «Le réseau de l’Université du Québec a été créé en 1968. Plusieurs professeurs ont été embauchés à ce moment et sont prêts à partir à la retraite, un mouvement qui pourrait s’étaler sur une dizaine d’années», indique Frédéric Deschenaux, professeur et président du Comité sur le corps professoral de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université.

Les besoins sont criants dans certains secteurs de pointe. «Il est difficile de trouver des professeurs dans des domaines comme les sciences appliquées, le génie ou l’informatique», ajoute M. Deschenaux. La raison? Le secteur privé convoite, lui aussi, ces diplômés et est prêt à leur offrir des salaires alléchants. Les candidats intéressés à devenir professeurs sont donc fortement recherchés! 10/10


S’accrocher pour ne pas décrocher

Nancie Lapointe, prof de maternelle dans une école de la Montérégie, a vécu sept ans de précarité avant de devenir titulaire d’une classe. «Il m’est arrivé d’enseigner dix matières différentes, dans six classes et deux écoles!»

En 2001, Nancie débute comme suppléante. «Je devais cumuler trois contrats de plus de trente jours en cinq ans pour être inscrite sur la liste de priorité d’emploi.» Ensuite, plus on monte sur cette liste, meilleures sont les chances de décrocher un poste permanent.

Elle a dû persévérer avant d’obtenir sa permanence, en 2008. Un cas isolé? Les diplômés y arrivent en cinq ans, en moyenne, mais le délai varie selon les régions et les spécialités enseignées. En chemin, certains se découragent : environ 20 % des professeurs quittent la profession durant les cinq premières années de pratique. Une réalité dont la Fédération des syndicats de l’enseignement est bien consciente. «Nous avons mis au point des outils pour faciliter l’intégration des nouveaux enseignants, en plus de raccourcir les délais pour être admissible à la liste de priorité d’emploi», nuance Manon Bernard, présidente. La création de quantité de nouveaux postes pourrait aussi avoir un effet bénéfique sur ces délais. 10/10


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Résultats



Québec

37,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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