De la santé à la gestion des forêts en passant par les services d’urgence, la géomatique simplifie notre vie de mille et une façons. Mais cette discipline en croissance manque de volontaires prêts à travailler ici ou sous toutes les latitudes et longitudes. Portrait d’une science fascinante.

Planifier un itinéraire de voyage en deux clics de souris apparaît tout à fait banal de nos jours. Mais avant l’explosion de la géomatique, il y a environ un quart de siècle, il fallait s’en remettre au hasard pour savoir s’il était raisonnable de rouler de Cologne à Barcelone la même journée!
Point de rencontre entre la géodésie (science des dimensions et de la forme de la terre) et l’informatique, la géomatique poursuit son évolution et se divise aujourd’hui en deux voies complémentaires. D’abord, les sciences géomatiques, qui regroupent l’acquisition et la production de données et qui emploient actuellement la majeure partie du personnel en géomatique. Il s’agit des activités plus conventionnelles comme l’arpentage, la cartographie, la télédétection, la photographie aérienne, la numérisation et le traitement d’images.
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Par ailleurs, les nouveaux marchés de la géomatique font en sorte qu’une foule d’applications de ces données sont développées pour la vie de tous les jours. C’est ici que le génie géomatique entre en jeu. On s’en sert notamment pour gérer les services ou les véhicules d’urgence — comme les ambulances —, pour prévoir des catastrophes naturelles, pour contrôler l’épandage d’insecticides et d’engrais dans un champ, pour planifier un voyage au moyen d’Internet... Alouette.
Même les stratèges commerciaux y ont recours : le géomarketing, une branche de la géomatique, permet, par exemple, à des entreprises de coupler des informations géomatiques à des bases de données afin de créer des cartes numériques, qui sont ensuite utilisées pour mieux cibler des clients potentiels.
Voilà qui fait beaucoup de possibilités de carrière… pour lesquelles il y a peu de répondants. Il y a deux ans, le ministère de l’Industrie du Canada prévoyait qu’environ 16 000 emplois seraient créés en géomatique au pays d’ici à 2007. Ces données n’ont pas été mises à jour et les spécialistes québécois du domaine s’accordent pour dire qu’il faudrait sans doute les revoir à la baisse. Toutefois, les diplômés en géomatique ne seraient pas suffisamment nombreux pour combler les besoins de main-d’œuvre des entreprises qui touchent de près ou de loin à cette science : à l’échelle du Québec, il en sort seulement environ 200 chaque année, tous programmes et tous niveaux d’enseignement confondus.
«Les plus grands employeurs de la géomatique [sciences géomatiques] sont les villes et les gouvernements, souligne René Villeneuve, chargé de projet au Centre de développement de la géomatique. Certaines entreprises privées, telles que CGI et DMR, comptent également un important effectif [à la fois pour les sciences et le génie géomatiques].»
Au Québec, près d’une centaine d’entreprises sont spécialisées en géomatique et plus de 200 mènent des activités connexes à ce secteur. Il est difficile de chiffrer leurs besoins de main-d’œuvre avec précision, explique Annick Jaton, directrice adjointe des programmes de premier cycle en géomatique à l’Université Laval (baccalauréats en sciences géomatiques et en génie géomatique). Chose certaine, le nombre de diplômés en sciences géomatiques (futurs arpenteurs-géomètres) est insuffisant pour les combler, croit-elle.