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Arpentage et géomatique

Spécial spatial

La géomatique est la collecte, le traitement et la diffusion de données géographiques. Tout ce qui est relatif à l’espace peut donc faire l’objet de cette science qui, aux côtés des différents technologues, fait travailler les arpenteurs-géomètres et les spécialistes du génie géomatique.

par Mario Grenier


Magazine Jobboom
Vol. 7 no. 9 octobre 2006


Arpentage : le compas dans l’œil

L’arpentage réfère essentiellement aux techniques de mesure et de calcul du territoire (délimitation et bornage de terrain). Ces opérations s’effectuent à l’aide d’un instrument de visée monté sur trépied, de photos aériennes et de satellites. Propulsé par le boum immobilier et la rénovation cadastrale, ce secteur manque de travailleurs.

L’arpenteur-géomètre est celui qui planifie et dirige les opérations. Il est bachelier en sciences géomatiques et doit être membre de l’Ordre des arpenteurs-géomètres du Québec pour exercer ses fonctions. Des titulaires du diplôme d’études collégiales en technologie de la géomatique (option géodésie) et des diplômés de la formation professionnelle en arpentage et topographie l’assistent dans son travail.

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La rénovation cadastrale du territoire québécois stimule la demande de ces trois types de travailleurs. La tâche, amorcée en 1994 et devant se poursuivre jusqu’en 2021, consiste à uniformiser 350 000 plans parcellaires du territoire afin de les regrouper en un seul document informatisé. Selon le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, 200 arpenteurs-géomètres et 300 techniciens participent actuellement à l’entreprise et la moitié du travail reste à faire.

Le boum immobilier multiplie également les contrats dans les firmes d’arpentage depuis 2001. Car lorsque vient le temps d’acheter une propriété, on doit recourir aux services d’un arpenteur-géomètre avant de présenter une demande de prêt hypothécaire si le vendeur ne possède pas de certificat de localisation récent. Et même si on observe une baisse des mises en chantier, la demande demeurera forte en raison du vieillissement des travailleurs. À l’Ordre des arpenteurs-géomètres du Québec, l’âge moyen des membres est de 48 ans et la relève n’est pas au rendez-vous. «En 2006, on a eu deux fois plus de départs à la retraite que de nouveaux arrivés, note le président, Pierre Tessier. Les arpenteurs-géomètres âgés cherchent désespérément des jeunes partenaires à qui céder leur cabinet.»

La surveillance des risques d’inondation, le suivi des incendies de forêt par satellite et l’épandage localisé d’insecticide dans un champ sont autant d’activités qui font appel à la science de l’espace.

Génie géomatique : en avant les idées

La surveillance des risques d’inondation, le suivi des incendies de forêt par satellite et l’épandage localisé d’insecticide dans un champ sont autant d’activités qui font appel à la science de l’espace. Développées en génie géomatique, des applications technologiques gagnent du terrain.

Elles sont particulièrement utiles pour la planification de travaux de construction ou de réfection, souligne Nicholas Chrisman, directeur scientifique du réseau GEOIDE (Géomatique pour des interventions et des décisions éclairées). «Lorsque des travaux d’aqueduc sont prévus, les responsables utilisent les cartes produites par les géomaticiens. Comme elles indiquent à la fois l’emplacement des égouts, des canalisations de gaz et des fils électriques, les entreprises qui ont à réparer leurs infrastructures peuvent effectuer leurs travaux en même temps.» Cette collaboration permet notamment d’épargner sur les coûts d’excavation.

Le génie géomatique est aussi au service de nombreux autres secteurs, notamment en agriculture. Par exemple, un système d’information géographique, développé par le Laboratoire de géomatique agricole et appliquée de l’Université Laval, permet de suivre la progression des cultures. Cet outil de télédétection indique à l’agriculteur le meilleur moment pour récolter ou pour traiter un sol en carence.

Selon Christophe Beney, responsable de la géomatique municipale et de la relève au Centre de développement de la géomatique, le secteur de la santé publique profite aussi des technologies de la géomatique. «On peut, par exemple, dresser une carte des populations les plus à risque lors d’épisodes de smog.» Même le monde des affaires se tourne vers la géomatique. À l’Université de Sherbrooke, les travaux de la Chaire de recherche en géomatique d’affaires aident les commerçants à localiser les consommateurs potentiels et à trouver le meilleur emplacement pour s’installer près de leur clientèle.

Qui a dit que le monde était petit?


Des diplômes courus?

Arpentage
Le taux de placement des diplômés en sciences géomatiques atteint 100 %, selon Annick Jaton, directrice adjointe des programmes de premier cycle en géomatique à l’Université Laval. «Nous recevons en moyenne 4 offres d’emploi pour chacun de nos 15 sortants.» La situation est similaire au Cégep Limoilou où les 16 sortants en technologie de la géomatique, option géodésie, de 2005, ont trouvé un emploi.

En formation professionnelle, les diplômés en arpentage et topographie font aussi bonne figure. À l’École des métiers du Sud-Ouest de Montréal, la majorité des sortants trouvent du boulot. «Leur salaire horaire de départ varie entre 15 $ et 20 $», signale Michel Lachapelle, l’adjoint au directeur de l’établissement.

Les bureaux d’arpenteurs-géomètres sont les principaux employeurs, avec les villes, les MRC, les ministères et les sociétés d’État. Les grandes firmes d’ingénierie et de construction ainsi que les sociétés minières, forestières et pétrolières constituent aussi de bons recruteurs. Les arpenteurs-géomètres gagnent en moyenne 42 587 $ par année; les technologues autour de 35 000 $, selon le ministère des Ressources humaines et du Développement social du Canada.

Principales formations
Diplôme d’études professionnelles en arpentage et topographie • Diplôme d’études collégiales en technologie de la géomatique, option géodésie • Baccalauréat, maîtrise et doctorat en sciences géomatiques • Doctorat en télédétection

Génie géomatique et cartographie
Du côté du baccalauréat en génie géomatique, Annick Jaton indique que les 15 diplômés de 2005 ont aussi trouvé un emploi. Leur salaire de départ tourne autour de 30 000 $, mais il peut varier d'un employeur à un autre. Les diplômés trouvent du travail auprès des services de cartographie des ministères, des villes et des MRC, de même que dans des entreprises de service-conseil et de génie logiciel qui produisent des cartes.

Au Cégep Limoilou, le taux de placement de la trentaine de sortants en technologie de la géomatique, option cartographie, de 2005, a atteint 100 %, affirme Marie-Josée Lavoie, responsable des stages coopératifs. Les emplois les plus stables se trouvent dans les entreprises privées. «Les ministères engagent les diplômés surtout à titre de contractuels», précise-t-elle. Le placement est aussi très bon pour les diplômés du collégial. Selon La relance au collégial en formation technique 2005, près de 9 technologues en géomatique, option cartographie, sur 10 travaillent à temps plein avec un salaire hebdomadaire moyen de 633 $.

Principales formations
Diplôme d’études collégiales en technologie de la géomatique, option cartographie • Certificat ou diplôme d’études supérieures spécialisées en systèmes d’information en géomatique • Baccalauréat en génie géomatique • Baccalauréat en géomatique appliquée à l’environnement


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