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Il est loin le temps où les Québécois se contentaient de planter trois bégonias dans une roue de tracteur. Aujourd’hui, la florissante industrie de l’horticulture ornementale en a plein les mains! Entraînée par l’engouement croissant des jardiniers amateurs, elle croît d’environ 10 % par année. Elle a notamment besoin de spécialistes en aménagement paysager, en entretien des espaces verts, en jardinerie. Au moment où la préservation de l’environnement devient l’enjeu de l’heure, les travailleurs qualifiés ne se tourneront pas les pouces...

Le gazon est plus vert chez le voisin? Pas pour l’industrie de l’horticulture ornementale, solidement enracinée au Québec. Bien que saisonnière, elle a besoin de bras et de pouces verts à longueur d’année.
On achète des plantes vertes au supermarché ou à la quincaillerie en janvier. On creuse des jardins d’eau en mars. On fleurit le moindre recoin de balcon en juin. La nouvelle culture québécoise du jardinage est en train de permettre à l’industrie de se tailler une place au soleil dans le secteur de la production — serres, pépinières, gazonnières — comme dans la commercialisation ainsi que dans les services tels l’aménagement et l’entretien paysagers, l’entretien des espaces verts, la fleuristerie, les jardineries, l’arboriculture-élagage et l’irrigation horticole.
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Avec 7 000 entreprises de production, de commercialisation et de services — principalement de petites boîtes familiales, très présentes dans les régions —, l’industrie génère un chiffre d’affaires annuel d’un peu plus de un milliard de dollars, estime la Fédération interdisciplinaire de l’horticulture ornementale du Québec. Terreau fertile pour l’emploi, elle recherche des employés très spécialisés, mais aussi des manœuvres. Les entreprises du secteur emploient jusqu’à 36 000 personnes en haute saison... mais aimeraient en embaucher davantage.
«Les entreprises d’aménagement et d’entretien paysagers, d’entretien des espaces verts, les serres et les pépinières ainsi que les jardineries sont particulièrement touchées par la rareté de la main-d’œuvre», constate Martine Matteau, directrice générale de l’Institut québécois des ressources humaines en horticulture (IQRHH). Selon elle, les établissements scolaires qui donnent les programmes de formation professionnelle et technique ne suffiraient pas à la demande. Chaque diplômé reçoit en moyenne quatre offres d’emploi, ajoute-t-elle.
La saisonnalité des emplois complique la tâche des employeurs, explique la directrice générale de l’IQRHH. Pendant une courte période — généralement du printemps à l’automne, à l’exception de la production de plantes —, une masse importante de travailleurs est requise. «L’industrie encourage de plus en plus le jumelage d’entreprises. Par exemple, une serre ornementale dont l’activité bat son plein l’hiver et une entreprise en aménagement paysager, active du printemps à l’automne, peuvent s’unir pour offrir à un employé du boulot à l’année.»
À moins de vendre à petite échelle dans les jardineries, les producteurs ne sont plus des artisans, dit-elle. «Il y a énormément de compétition. Lorsqu’on vend en gros dans les Wal-Mart, Provigo, Zellers, Réno-Dépôt et compagnie, l’entreprise se transforme en véritable usine.»