Construire des ponts, des routes, des gratte-ciel ou des ouvrages en tous genres, c’est la mission des ingénieurs. Concevoir leurs projets de manière sécuritaire, c’est une responsabilité de toujours. Leur nouveau défi : réaliser leurs travaux dans le respect du développement durable.

Les ingénieurs affectés récemment au projet de remplacement du tablier du pont Laviolette, à Trois-Rivières, n’ont pas seulement pensé à la réalisation des travaux techniques de ce chantier d’envergure. Préoccupés par l’environnement, ils se sont assurés que les matériaux de démolition soient mis de côté pour être recyclés.
Soucieux du bien-être des résidents, ils ont aussi installé des cloisons antibruit pour réduire la pollution sonore de la circulation. Ils ont même eu une petite pensée pour les faucons pèlerins qui logeaient dans la charpente du pont, en faisant appel à un spécialiste de la faune pour trouver des moyens de préserver leur habitat.
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«On n’aurait jamais vu une pareille chose il y a 20 ans, souligne Johanne Desrochers, présidente-directrice générale de l’Association des ingénieurs-conseils du Québec. L’ingénieur n’est plus uniquement consulté pour apporter une solution technique à un problème. Son rôle et ses tâches se sont enrichis.»
L’ingénieur est à la base du développement des produits et des procédés, souligne pour sa part Étienne Couture, président du Réseau des ingénieurs du Québec, qui tenait en 2008 son congrès annuel sous le thème L’ingénieur au centre du développement durable. «C’est à l’ingénieur qu’incombe la tâche de modifier les critères de conception et de réalisation des projets d’ingénierie tout en tenant compte du développement durable, dit-il. Il a la responsabilité d’intégrer les technologies récentes dans sa pratique et d’innover.»
«Les clients des ingénieurs comme les entreprises privées, les municipalités et les gouvernements n’ont pas toutes les connaissances nécessaires pour orienter un projet en fonction du développement durable, ajoute Johanne Desrochers. L’ingénieur a le devoir de les informer, de les sensibiliser et d’influencer la prise de décision en vue de minimiser l’empreinte écologique des projets.»
Il cite en exemple les bâtiments certifiés LEED dans lesquels les systèmes de chauffage, de refroidissement, d’éclairage et le réseau d’eau permettent de réduire la consommation de ressources énergétiques. On y utilise aussi davantage de matériaux verts, recyclés et recyclables ainsi que des produits locaux, tout en réduisant le recours aux énergies fossiles (pétrole, gaz naturel) au profit d’énergies vertes et renouvelables comme l’énergie solaire. «Même si ce type de bâtiment coûte légèrement plus cher à construire, avance-t-il, il est dix fois moins coûteux à entretenir puisque les coûts énergétiques sont moindres.»