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Ingénieurs verts (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 10 no. 6
juin-juillet 2009

Miser sur le recyclage

À l’heure de l’épuisement des ressources naturelles (forêt, métaux, eau, pétrole), la gestion des déchets est une autre préoccupation primordiale des ingénieurs. «On a longtemps jeté sans regarder, dit Gaston Déry. Aujourd’hui, l’ingénieur doit s’assurer de bien gérer les matières résiduelles engendrées par ses projets.»

Une préoccupation de plus en plus présente, par exemple, lors de la réfection d’infrastructures routières, confirme Daniel Aubin, ingénieur, responsable d’expertise en infrastructure de transport chez Dessau. «Plutôt que d’envoyer les dalles de béton des routes détruites dans des dépôts secs, notre entreprise les brise, les concasse et les stocke dans une zone du chantier pour les réutiliser comme granulats entre le revêtement de la chaussée et le sol.»

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«L’ingénieur cherche aujourd’hui à mesurer les effets sur l’environnement des produits qu’il conçoit durant toute leur durée de vie, c’est-à-dire depuis l’extraction de la matière première jusqu’à ce qu’ils soient recyclés, détruits ou jetés au rebut, ajoute Étienne Couture. Un produit non recyclable est un désastre pour l’environnement une fois désuet.» Des avions aux ordinateurs, en passant par les électroménagers ou les équipements médicaux : les ingénieurs de tous horizons cherchent à inclure des composants recyclables dans leurs produits.

Des étudiants verts

Si les ingénieurs sont mieux préparés à tenir compte du développement durable, c’est aussi parce que les nouveaux diplômés et les étudiants des différentes facultés de génie du Québec sont formés en conséquence. Les professeurs intègrent de plus en plus les nouvelles connaissances en développement durable liées à leur spécialité, constate Robert Hausler, professeur en génie de la construction à l’École de technologie supérieure (ÉTS). «Les jeunes sont préoccupés par l’environnement, dit-il. Ils sont très critiques par rapport à ce qui est fait et ce qu’on enseigne.»

L’ÉTS s’assure notamment que ses étudiants mettent en pratique la théorie apprise. Par exemple, en mars dernier, l’établissement, en collaboration avec l’organisme Équiterre, a organisé la quatrième tenue d’Écologez, un concours où les étudiants conçoivent un bâtiment écologique. Cette compétition réunit des équipes composées d’étudiants en génie, en architecture, en design, en environnement et en urbanisme. Dans son plan d’action 2009-2012, l’ÉTS prévoit également offrir aux étudiants du premier cycle la possibilité de suivre un cours hors programme de trois crédits sur le développement durable et l’éco­- cito­yenneté.

Un nouveau critère d’embauche?

«Les étudiants qui ont le désir et la capacité d’intégrer des concepts de développement durable à leur travail partent avec une longueur d’avance sur le marché de l’emploi», estime Robert Hausler. «La connaissance et la maîtrise du développement durable sont en train de devenir des exigences de base pour les diplômés de toutes les branches du génie, ajoute même Gaston Déry. Plusieurs économistes et experts s’entendent pour dire que le développement des technologies vertes et l’intégration des concepts de développement durable seront des leviers importants pour relancer l’économie. Les ingénieurs doivent les maîtriser.»

«Le développement durable s’immisce de plus en plus dans la description de tâches des ingénieurs, peu importe leur spécialité», confirme Zaki Ghavitian. Les ingénieurs sont sollicités par les entreprises qui doivent respecter les lois, les normes et la réglementation plus sévères en matière d’environnement. Ils sont aussi appelés en renfort pour trouver des solutions aux problèmes environnementaux comme le réchauffement climatique ou les algues bleues.

Ceux qui prennent le train aujourd’hui sont assurés d’être aux commandes dans le futur…
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Défavorable

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