C’est souvent le hasard qui amène un ingénieur à opter pour le travail autonome. Cette voie comporte cependant de nombreux défis auxquels il vaut mieux être bien préparé.

Les ingénieurs Pierre Nader, Gaétan Samson et Wojciech Karczewski ont tous trois fait le saut vers le travail autonome. Au service de GE de 1978 à 1982, Pierre Nader s’occupait «de dossiers techniques difficiles dont les autres ne voulaient pas»; il travaillait, entre autres, dans le domaine des commandes, des contrôles et de la distribution électrique pour l’industrie lourde. Cette expérience au sein d’une grande entreprise a été pour lui «un atout considérable, surtout en ce qui a trait à la méthode et à l’organisation».
Après avoir terminé sa maîtrise en génie, Pierre Nader s’est inscrit au MBA à temps plein. Pour éviter de perdre son expertise particulière, son ex-employeur lui a alors demandé de créer sa propre petite entreprise pour faire de la sous-traitance. «Mes études de deuxième cycle en génie et en administration me fournissaient une formation essentielle pour me lancer en affaires», juge l’ingénieur.
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Gaétan Samson, ingénieur civil œuvrant en structures et fondations, avait déjà 20 ans d’expérience en génie-conseil lorsqu’il a accepté ses premiers contrats à titre de travailleur autonome. «J’étais associé dans une boîte, et lorsque cette association a pris fin, je me suis tourné vers le travail contractuel.» Son expérience et sa réputation – la meilleure carte de visite d’un ingénieur, selon lui – ainsi que les contacts qu’il avait développés dans le milieu, lui ont permis de travailler plusieurs années à son compte.
D’origine polonaise, Wojciech Karczewski, qui travaille en génie mécanique, enchaîne quelques emplois de courte durée après son arrivée au Canada. Mais rapidement il constate que les préjugés dont il fait l’objet constituent un obstacle à la pratique responsable de son métier. En d’autres termes, on accordait peu de crédit à ses recommandations. «J’avais relevé des risques sérieux pour la sécurité des travailleurs dans l’entreprise pour laquelle je travaillais, mais on a fait fi de mes conseils et un accident est survenu, entraînant des blessures graves chez deux personnes.»
C’est alors que Wojciech Karczewski a choisi de devenir travailleur autonome. Comme tel, il a les coudées plus franches pour vendre son expertise et montrer de quoi il est capable aux clients qui font appel à ses services.
L’ingénieur qui désire se lancer à son compte doit aussi s’assurer de posséder les notions de finance, de communication et de gestion des ressources, car il faut parfois embaucher des techniciens ou d’autres ingénieurs pour mener à bien un contrat. «La moindre lacune dans ces domaines, et le travailleur autonome risque des dérapages ou des pertes financières», avertit Gaétan Samson.
«Je me charge de la conception de l’équipement, mais j’ai parfois besoin de faire appel à d’autres ingénieurs pour la phase du développement. Par exemple à des ingénieurs en informatique, pour mettre au point certains logiciels», illustre Wojciech Karczewski. Par conséquent, il est important de savoir développer un réseau de soutien, en prenant contact avec des ingénieurs aux spécialités complémentaires à la nôtre. «Le travail de l’ingénieur s’est beaucoup complexifié au cours des 30 dernières années et est encore sujet à des changements rapides.