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Ingénieur à son compte (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 10 no. 6
juin-juillet 2009

L’ingénieur à son compte a tout intérêt à s’entourer de travailleurs œuvrant dans des spécialités complémentaires à la sienne», précise Johanne Desrochers, présidente-directrice générale de l’Asso­ciation des ingénieurs-conseils du Québec.

Éventail de possibilités

Plus que tout, l’aspirant travailleur autonome doit s’assurer qu’il est en mesure d’offrir un travail de haute qualité. Il est donc important de passer quelques années sur le marché du travail avant de se lancer à son compte.

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«La formation universitaire donne des outils, des références, mais c’est la pratique qui permet de transférer les connaissances théoriques sur le terrain», dit Johanne Desrochers. Le jeune qui convoite le titre d’ingénieur gagnera à travailler d’abord dans un milieu structuré pour prendre de l’expérience et développer ses compétences dans le champ de pratique qui l’intéresse.

Cela lui permettra de consolider ses acquis avant de se lancer en solo. «Il ne faut jamais perdre de vue que la responsabilité de l’ingénieur est grande; une mauvaise décision peut affecter la sécurité du public et entraîner de graves répercussions», poursuit-elle. Par exemple, l’effondrement du viaduc de la Concorde. «Pour être en mesure d’offrir un service de qualité, l’ingénieur qui veut se lancer à son compte doit d’abord avoir développé ses compétences et connaissances, et pris conscience de ses forces et faiblesses», ajoute Pierre Nader.

Par ailleurs, «dans le contexte de mondialisation qui prévaut actuellement, les concurrents des ingénieurs basés à Montréal ne sont pas ceux de Laval, mais bien ceux de la Roumanie, de l’Inde, du Brésil, car certains bureaux de génie- conseil font de la sous-traitance à l’étranger», continue Pierre Nader. Pour réussir à tirer son épingle du jeu quand on est en concurrence avec le reste de la planète, il faut être en mesure d’exploiter une niche spécifique, avec compétence et rigueur, ce qui ne s’improvise pas.

Autres pistes à suivre

Se lancer à son compte ne veut pas nécessairement dire commencer à zéro, observe Pierre Nader. «Beaucoup d’occasions intéressantes s’offrent aux ingénieurs qui acceptent de prendre la relève dans des entreprises dont le fondateur songe à se retirer, fait-il remarquer. Le défi de faire croître une compagnie qui va bien demande autant d’intelligence et de travail, si ce n’est plus, que de partir de rien.» Le travail autonome n’est pas fait pour tout le monde; il existe d’autres voies à explorer.

Ainsi, la rareté de main-d’œuvre que l’on connaît actuellement permet de développer une pratique intéressante, même en tant qu’employé. «Il y a 30 ans, les jeunes ingénieurs se lançaient à leur compte pour pallier le manque de postes offerts. Aujourd’hui, la rareté des ingénieurs donne la chance à de jeunes diplômés de décrocher des postes à responsa­bilité élevée offrant des défis intéressants – postes autrefois réservés aux ingénieurs d’expérience – à l’intérieur de bureaux ou de compagnies déjà bien établis», fait remarquer Johanne Desrochers.

L’important pour l’ingénieur qui songe à se lancer à son compte est donc «de se demander ce qu’il veut et de déterminer quels moyens sont à sa disposition pour y parvenir. Le travail autonome peut être l’un d’eux, mais il faut garder à l’esprit qu’il ne s’agit pas nécessairement d’un chemin qui sera facile à suivre», conclut Wojciech Karczewski.

Extrait du magazine Les carrières de l’ingénierie 2009, publié par Les éditions Jobboom.


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