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Les diplômés de la cohorte 2008-2009 ont vécu leur entrée sur le marché du travail sur fond de ralentissement économique. malgré tout, Les perspectives d’emploi des jeunes ingénieurs n’ont pas trop diminué, en raison de l’effervescence dans la construction et de la course à la productivité!

En 2008, 98,5 % des quelque 600 finissants en ingénierie à l’École Polytechnique Montréal ont trouvé un poste à la fin de leurs études. Cette même année, l’École de technologie supérieure (ÉTS) a reçu plus de 2 100 offres pour ses 300 diplômés. Or, plusieurs d’entre eux ne les ont même pas considérées, car une promesse d’embauche les attendait déjà.
Le ralentissement économique, amorcé à l’automne 2008, a toutefois assombri un peu le paysage. Au début de 2009, plusieurs établissements d’enseignement, comme l’Université McGill, l’Université Laval, l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) et l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), ont enregistré une diminution des offres de stages. «C’est dur pour une entreprise d’accepter des stagiaires lorsqu’elle tourne au ralenti et licencie des employés», explique Darlene Hnatchuk, gestionnaire des liaisons corporatives du Centre de carrière en génie de l’Université McGill.
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Ceci dit, «même s’il y a moins d’emplois disponibles, la pénurie pour l’ensemble des finissants en génie est tellement importante qu’ils devraient à peu près tous trouver un emploi en 2009», prédit Pierre Rivet, ingénieur et directeur du Service de l’enseignement coopératif de l’ÉTS.
«La demande reste forte pour nos diplômés en génie des mines et de la minéralurgie parce qu’ils sont peu nombreux et que le besoin des entreprises demeure important», renchérit Jean Poirier, conseiller en emploi au Service de placement du Centre des stages et d’emplois en sciences et génie de l’Université Laval. Seul inconvénient : il faudra plus de temps à chacun pour trouver un poste. «Puisque l’activité ralentit, les employeurs peuvent attendre pour embaucher le meilleur candidat», explique Darlene Hnatchuk.
Les difficultés éprouvées par les entreprises manufacturières ne seraient pas étrangères à cette situation, selon Serge Gagné, responsable du secteur Placement du Service des stages et du placement de l’Université de Sherbrooke. Certes, le ralentissement dans le domaine manufacturier ne date pas d’hier, «mais les problèmes des secteurs de l’automobile et de l’aluminium accentuent aussi les pertes d’emplois et les difficultés qu’auront ces diplômés à trouver un poste», ajoute-t-il.
Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, la crise financière a forcé l’aluminerie Rio Tinto Alcan à geler l’agrandissement de l’usine d’Alma et à stopper la modernisation de celle de Jonquière. «C’est le gros employeur de la région; cela va réduire l’embauche des finissants en génie électrique et mécanique», estime Michel Bergeron, conseiller en emploi à l’Université du Québec à Chicoutimi.
À l’École Polytechnique Montréal, le programme de génie électrique est le seul dont le taux de placement (89 %) n’a pas atteint 100 %. «Les compagnies de télécommunications n’ont toujours pas retrouvé leur première place comme employeur d’ingénieurs en génie électrique», dit Maryse Deschênes, directrice du Service des stages et du placement de l’École Polytechnique Montréal.
À l’Université McGill, toutefois, c’est l’un des programmes où les finissants se sont le mieux casés en 2008. «Il y a de nouvelles tendances en technologies de l’information et des communications, dont le Web 2.0, plus interactif, et les technologies sans fil qui engendrent d’importantes questions de sécurité», dit Darlene Hnatchuk. Les diplômés en génie électrique sont également très demandés dans les domaines de l’énergie, de l’avionique et de l’automatisation, ajoute Maryse Deschênes.
LE SAVIEZ-VOUS?
À l’Université McGill, le programme Bioresource Engineering est peu connu des étudiants, mais présente un excellent taux de placement. «Nos quelque 20 finissants annuels trouvent tous un emploi et nous pourrions en placer
10 ou 20 de plus», estime Edward McKyes, ingénieur et professeur au département de Bioresource Engineering. Ces diplômés travaillent autant sur le développement de machinerie agricole que sur l’irrigation des champs ou l’entreposage sécuritaire des ingrédients dans une usine alimentaire.