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L’avenir du génie forestier

Voir la vie en vert

Les nuages qui planent depuis des années sur l’industrie forestière du Québec laissent enfin percer quelques rayons de soleil : un nouveau régime forestier et des départs à la retraite préparent une place de choix à la relève.

par Noée Murchison




Au printemps 2005, le gouvernement réduisait de 20 % les droits de coupe des compagnies forestières. Cette baisse a empiré un ralentissement déjà bien réel, causé par le conflit canado-américain au sujet du bois d’œuvre, la chute de la demande de papier commercial et la forte valeur du dollar canadien. Environ 50 000 emplois directs et indirects ont été perdus depuis dans le domaine, selon le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ).

Ces heures sombres pourraient toutefois tirer à leur fin pour les travailleurs de la forêt, particulièrement les ingénieurs forestiers. «Actuellement, à cause du ralentissement économique et de la restructuration de l’industrie qui se poursuit, il y a encore des mises à pied. Mais ce qu’on ne voit pas, c’est qu’il se dresse à l’horizon une pénurie de main-d’œuvre», soutient le directeur des relations industrielles au CIFQ, Germain Gaudreault.

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Ce manque de personnel pourrait se faire sentir d’ici à trois ans, car les experts s’attendent à voir une reprise de l’industrie forestière vers 2010 ou 2012, notamment grâce au nouveau régime forestier. «L’industrie ne tournera pas à plein régime dans deux ans, mais à tout le moins elle sera sur une lancée», estime le directeur général de l’Association des entrepreneurs en travaux sylvicoles du Québec, Fabien Simard.

De grands changements

Le milieu forestier vit présentement une profonde transformation. En 2007, le Sommet sur l’avenir du secteur forestier québécois créait un consensus important entre le gouvernement du Québec et les différents partenaires de l’industrie pour revoir le régime forestier, la «bible» de l’exploitation des forêts au Québec.

Puis, au début de 2008, le gouvernement Charest produisait son livre vert, qui propose de nombreux changements législatifs pour redéfinir le rôle des intervenants de la forêt. Ce nouveau régime forestier devrait être mis en place entre 2010 et 2013, après le dépôt du projet de loi par le ministre des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, Claude Béchard, prévu d’ici à la fin de 2009.

Ces changements représentent une véritable révolution pour les travailleurs de l’industrie, dont les ingénieurs. Tandis que le régime forestier actuel, l’un des plus sévères au monde, dicte en détail comment doivent se faire les interventions en forêt, comme les coupes, la nouvelle loi va donner beaucoup plus d’autonomie aux ingénieurs. «On passe d’une foresterie très normée à une foresterie d’objectifs et de résultats, explique Fabien Simard. On se fixe des objectifs et les professionnels de la forêt comme les ingénieurs, les techniciens, les biologistes et les opérateurs doivent prendre les moyens pour atteindre les résultats ciblés.»

Concrètement, les ingénieurs forestiers seront dorénavant responsables de la protection du «poumon de la planète» que sont les forêts, mais en considérant les aspects sociaux et économiques de la foresterie. «Par exemple, dans un jeune peuplement de bouleaux jaunes, l’ingénieur pourra se fixer comme objectif d’avoir, dans 90 ans, 60 % d’arbres de qualité déroulage [meilleure qualité] et 40 % de qualité sciage [moins bonne qualité]», illustre François-Hugues Bernier, ingénieur forestier et directeur des communications et de la foresterie à l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec (OIFQ).

LE SAVIEZ-VOUS?
Malgré la crise forestière, neuf ingénieurs forestiers sur dix se placent dès leur sortie de l’université. Selon la dernière enquête du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, réalisée en 2007, 69,8 % des diplômés de 2005 avaient trouvé un emploi à la fin de leur formation et 20,9 % poursuivaient leurs études. Leur salaire hebdomadaire brut moyen était de 812 $.


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Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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