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Gestion du stress

Dure réalité

Innover, développer de nouvelles approches, de nouveaux procédés, offrir des solutions… Si la créativité est au cŒur du travail des ingénieurs, le stress l’est aussi. Un défi de taille pour ceux qui font leurs premiers pas sur le marché du travail.

par Guillaume Jousset




La pression, ce n’est pas seulement ce qui permet de mesurer la résistance d’un matériau. C’est aussi une réalité avec laquelle les ingénieurs doivent composer tout au long de leur carrière.

«Le stress est un facteur assez répandu chez les ingénieurs, presque inhérent à leur activité», reconnaît Étienne Couture, ingénieur et président du Réseau des ingénieurs du Québec.

Échéanciers serrés, budget à respecter, équipes à encadrer, problèmes techniques impromptus à solutionner… Les sources de tension ne manquent pas dans le génie.

Stress versus créativité

Les conditions de travail des ingénieurs sont bien différentes de celles, plutôt idylliques, d’ingénieux personnages comme Archimède ou Newton, qui réfléchissaient à des solutions bien installés dans leur bain ou sous un arbre. Aujourd’hui, les ingénieurs doivent endurer le stress, sans le laisser étouffer leur inventivité.

Heureusement, les ingénieurs juniors ne sont pas seuls pour affronter le stress. Ils sont généralement encadrés par des ingénieurs ou des chargés de projet expérimentés.

«La créativité est un compromis entre des solutions techniques, un cadre économique et des échéanciers», explique Sylvie Lavigne, ingénieure en génie civil et vice-présidente adjointe Secteur municipal, Québec et est du Québec chez Roche ltée, Groupe-conseil. Ingénieur junior en génie civil pour cette même entreprise, Frédéric Richard estime que c’est surtout au début de chaque projet que naît la créativité.

«Pour répondre aux appels d’offres et décrocher des contrats, il faut rapidement proposer plusieurs solutions à un même problème», souligne-t-il. Tout cela en respectant des budgets et des délais parfois serrés.

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La réponse à tout

Qui sont les ingénieurs les plus exposés au stress? Selon Frédéric Richard, ses collègues ingénieurs en génie civil qui construisent des ponts destinés à recevoir des milliers de véhicules ont peut-être une pointe d’appréhension supplémentaire, compte tenu des vies qui peuvent être mises en jeu.

«La pression touche tous les ingénieurs», souligne toutefois Alexandra Girard, ingénieure junior en génie mécanique et représentante des ventes externes pour Groupe Master SEC, un distributeur dans le domaine de la climatisation, de la réfrigération et du chauffage.

«Si je calcule mal l’installation d’un simple procédé d’humidification, cela peut causer, à plus ou moins long terme, la dégradation du bâtiment», explique-t-elle.

L’une des principales sources de stress des ingénieurs provient du fait que «les gens nous considèrent comme le summum de la connaissance. Nous sommes leur référence», ajoute Alexandra Girard. «L’ingénieur est la personne clé dans les projets.

On se tourne naturellement vers lui pour avoir des réponses et, parfois, il ne les a pas sous la main», dit Étienne Couture, qui est aussi fondateur de la firme EC3-Coach.com. Même si ce rôle de «référence» peut parfois être handicapant pour la créativité, «il est au cœur du travail des ingénieurs».

LE SAVIEZ-VOUS?
Certaines techniques permettent aux ingénieurs de développer leur créativité et leur capacité à résoudre des problèmes inédits. Des universités américaines proposent à leurs étudiants en génie des ateliers de jeux de rôle, de dessin, d’art visuel et même de poésie… Ces techniques permettraient de développer notamment l’imagination, le doute et la critique, considérés comme les piliers de la créativité scientifique.


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Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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