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Jeu électronique

Du gain et des jeux

Les jeux électroniques sont une source de divertissement majeure à l’échelle du globe. Le Québec n’échappe pas à la vague et se taille une réputation fort enviable dans leur production. Toutefois, la partie n’est pas gagnée : les besoins de travailleurs spécialisés sont plus pointus que jamais et le recrutement se corse pour diriger d’imposantes équipes de production.

par Jean-François Perreault


Magazine Jobboom
Vol. 6 no. 7 août 2005


Les jeux électroniques font partie des loisirs les plus populaires sur la planète à l’heure actuelle. Ils n’ont peut-être pas encore supplanté Hollywood, mais en additionnant les ventes annuelles mondiales de jeux électroniques de toutes sortes à celles de la quincaillerie qui les accompagne sur console ou sur ordinateur, le total des recettes dépasse celui des billets de cinéma aux États-Unis!

Démographiquement, le bassin d’amateurs de jeux électroniques prend du poids… et de l’âge. Une récente étude de TechnoCompétences — organisme québécois qui promeut le développement de la main-d’œuvre et de l’emploi dans le secteur des technologies de l’information et des communications — signale une tendance démographique favorable à cette industrie. Dans les années 1970, l’âge moyen des joueurs était de 11 ans. Il se situe aujourd’hui entre 20 et 23 ans, selon TechnoCompétences, voire 30 ans, d’après une enquête menée par l’organisme américain Entertainment Software Association (ESA). Et les joueurs sont nombreux : nos voisins du sud comptent déjà plus de 90 millions d’adeptes de jeux électroniques de toutes sortes, soit «un groupe plus important que les 76 millions de boomers américains», rappellent John C. Beck et Mitchell Wade, auteurs du livre Got Game, publié en 2004. En clair, ce marché est composé de gens dont le pouvoir d’achat n’est pas du tout négligeable.

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Voilà de belles promesses pour les entreprises qui parviennent à se tailler une place dans l’univers du jeu. Et on ne parle pas de miettes : entre 2000 et 2004, les ventes mondiales de jeux électroniques ont connu un taux de croissance annuel moyen de 8,6 %, rapporte l’étude L’industrie du jeu électronique – Enjeux de formation et de développement économique, publiée en avril 2005 par TechnoCompétences.

Dans l’ensemble, cet eldorado numérique est évalué par l’ESA à plus de 28 milliards de dollars américains par année mondialement, «ce qui n’est pas mal, compte tenu que l’industrie cinématographique mondiale récolte près 45 milliards de dollars américains», indiquait en mai dernier Doug Lowenstein, président de l’ESA, lors de l’ouverture de la onzième présentation de l’Electronic Entertainment Expo de Los Angeles, l’une des plus importantes rencontres dans le domaine. C’est du sérieux!

Made in Québec

L’industrie québécoise du jeu, qui génère déjà plus de 2 000 emplois principalement à Montréal et à Québec, est pour sa part en pleine mouvance. À preuve : les annonces d’embauches massives, les nouvelles acquisitions — comme le récent achat de Beenox à Québec par le géant Activision —, les plans d’expansion des entreprises et les réussites commerciales qui se succèdent depuis quelques années. «Il est clair qu’on se positionne très bien et qu’on gagne en maturité», indique Jean-Pierre Faucher, organisateur du Sommet du jeu de Montréal, une rencontre professionnelle annuelle parrainée par l’Alliance numériQC, un réseau d’affaires en multimédia.

La performance des consoles et la qualité des jeux, dont l’esthétique se rapproche maintenant du cinéma, nécessitent davantage d’artistes talentueux, d’ingénieurs en informatique et de gestionnaires pour diriger d’imposantes équipes de production.

En décembre 2003, le réputé magazine américain Wired considérait Montréal comme l’une des capitales émergentes du jeu électronique, notamment grâce à la présence d’Ubisoft, artisan français des jeux à succès Splinter Cell et Prince of Persia, qui a installé l’un de ses principaux studios dans la métropole.

Selon l’Alliance numériQC, Montréal se classerait d’ailleurs au quatrième rang parmi les villes nord-américaines quant à la densité d’emplois technologiques par rapport à la population. On y trouve une forte concentration de sociétés de haute technologie, comme Discreet, Alias et Softimage, dont les produits ont un impact direct sur la création de jeux vidéo. Quant aux éditeurs de jeux électroniques, des poids lourds internationaux ont choisi l’arène québécoise : Ubisoft, qui emploie plus de 1 100 personnes, Gameloft, Jamdat, Electronic Arts, Activision, Babel Media…

Sans compter la quarantaine d’entreprises pure laine, comme Artificial Mind & Movement, Sarbakan et Humagade, qui contribuent aussi à faire du Québec l’un des pôles de développement de jeux les plus importants en Amérique du Nord.


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