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Tailler sur mesure (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 4 Avril 2008


Malgré la flambée du huard, la compagnie a vu son chiffre d’affaires croître de 15 % en 2007. «Notre proximité avec le marché américain, lequel compte pour 65 % de notre chiffre d’affaires, nous permet notamment de réduire les délais de livraison et d’offrir un service après-vente que les Asiatiques ne peuvent égaler», se réjouit Pierre Parent, directeur des ventes.

La menuiserie architecturale se porte aussi bien du côté résidentiel, ajoute Christian Galarneau. «Malgré le repli de la construction neuve, les consommateurs – dont les baby-boomers – investissent de plus en plus en rénovation. Les fabricants d’armoires de cuisine haut de gamme en bénéficient, puisque leurs produits ajoutent de la valeur à une maison.»

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La fabrication artisanale de meubles n’est pas davantage touchée par la mondialisation des marchés, note Guy Arcand, enseignant au programme Techniques de métiers d’art, option Ébénisterie artisanale, au Cégep du Vieux Montréal. «On travaille à la production de pièces uniques ou en petites séries. Les Asiatiques ne sont pas une menace. On ne vise ni le volume ni les bas prix.»

Par contre, il faut bosser dur pour faire sa place dans ce domaine, notamment en diversifiant sa clientèle (particuliers, architectes, designers) et son réseau de distribution (ateliers, galeries d’art, détaillants de meubles).

Ébénistes recherchés

Le dynamisme de certains secteurs de l’industrie du meuble soutient donc la demande de diplômés en ébénisterie. «Le taux de placement de la centaine de sortants du diplôme d’études professionnelles en ébénisterie de 2007 a frôlé 100 % à l’École des métiers du meuble de Montréal», mentionne Yvon Séguin. Les principaux employeurs sont les ateliers d’ébénisterie architecturale, commerciale et institutionnelle de même que les fabricants de meubles haut de gamme.

Même engouement à l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie. «Nous ne fournissons pas à la demande», clame André Duval. Mais il faut dire que l’offre de diplômés est faible. Le programme Techniques du meuble et d’ébénisterie offre deux voies de spécialisation : Menuiserie architecturale et Production sérielle.

En 2007, au campus de Victoriaville, seulement huit élèves ont terminé le programme de l’option Menuiserie architecturale. Au campus de Montréal, on en comptait 18. Quant à l’option Production sérielle, elle ne comptait que quatre diplômés en 2007. André Duval est formel. «Tous les diplômés qui veulent travailler dans le domaine trouvent un emploi!»

L’entreprise Trial Design recrute dans toutes les écoles du meuble de la province et offre des stages en entreprise. Elle recherche notamment des diplômés du DEC en techniques du meuble et de l’ébénisterie, du DEP en ébénisterie ou du DEP en finition de meubles. «La polyvalence est une qualité recherchée», précise Pierre Parent. Par exemple, un diplômé n’est plus confiné qu’à une seule machine ou à une étape de production. Il peut aussi travailler le bois et toucher à la finition.

Les personnes intéressées par la fabrication de meubles ne devraient donc pas se laisser décourager par les annonces de mises à pied. L’industrie continue de se développer pour défier la concurrence.

Elle n’a pas fini de montrer de quel bois elle se chauffe…



Du pif!

Jason Burhop, Kastella

Pour ouvrir la boutique Kastella située boulevard Saint-Laurent, à Montréal, l’ébéniste Jason Burhop a dû mettre à profit son sens des affaires. «En plus de fabriquer des meubles, je m’occupe des achats, de la comptabilité, des ventes, des livraisons et du développement de l’entreprise.»

Il pratique le métier depuis 1998. «Je me suis installé dans ce boulevard renommé pour ses détaillants de meubles, dans une section en développement, au nord de la rue Mont-Royal. Le timing était bon. J’avais constaté qu’à Montréal il n’y avait pas beaucoup de meubles haut de gamme, en bois massif et de style contemporain comme ceux que je propose à mes clients.»

À ses débuts, aucune banque ne l’a pris au sérieux. Il s’est tourné vers du financement privé. Il a rénové le magasin lui-même. Et obtenu un coup de pouce du Service d’aide aux jeunes entrepreneurs pour le démarrage de l’entreprise.

Aujourd’hui, il peut dire : mission accomplie! Les banques ne lui tournent plus le dos. Encore moins la clientèle. Il emploie cinq ébénistes en atelier et du personnel en boutique. «Ce qui me satisfait le plus, c’est de voir sortir de l’atelier le meuble dont j’ai rêvé et d’observer la réaction des clients.» Fort de sa réussite, l’ébéniste a l’intention de distribuer ses meubles ailleurs au Canada comme à Toronto, à Calgary ou à Vancouver. «Là aussi il y a un besoin pour ce genre de meubles», prétend celui qui a non seulement des mains habiles, mais aussi un bon pif!


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