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La ruée boréale

Supplément Web du guide 50 carrières de l'industrie minière

La Baie-James, reconnue pour son hydroélectricité, cache bien d’autres richesses naturelles. Au cours des dernières années, les découvertes de gisements d’or et de diamants y ont fait bondir le nombre de projets d’exploration. Le Nunavik, territoire voisin, fait aussi l’objet d’importantes prospections minières. La chasse au trésor est ouverte au nord du 49° parallèle!

Par Carole Boulé


50 carrières
de l'industrie minière


Mine Raglan (Xstrata Nickel), Nunavik

L’année 2001 marque un tournant pour l’exploration minière de la Baie-James. En effet, c’est à cette époque que deux géologues de la compagnie Mines d’Or Virginia ont trouvé le gisement d’or Éléonore dans le secteur nord du réservoir Opinaca. Un gisement d’une profondeur d’au moins 1 300 mètres qui s’étend sur près de deux kilomètres. «Il s’agit d’un des plus importants gisements d’or trouvés en Amérique du Nord au cours des 25 dernières années», indique Régis Simard, directeur général de la Table jamésienne de concertation minière. Cette découverte a déclenché une véritable chasse à l’or sur ce territoire.

«Une dizaine d’entreprises effectuent des travaux d’exploration depuis 2005 autour du secteur d’Éléonore. Elles cherchent principalement de l’or», indique Patrick Houle, géologue résident Nord-du-Québec au Bureau de Chibougamau du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec. On y compte notamment la coentreprise Everton Resources et Exploration Azimut de même que les sociétés Ressources Beaufield, Ressources Sirios et Eastmain Resources. Le géologue ajoute que le même phénomène de regain d’exploration minière s’est produit dans la région des monts Otish au nord-est de Chibougamau sur le territoire de la Baie-James depuis la découverte d’un gisement de diamants, en 2001, par le consortium formé de la Stornoway Diamonds Corporation et de la Société québécoise d’exploration minière (SOQUEM).

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La hausse du prix de l’uranium sur le marché mondial – il a connu une appréciation de 75 % depuis 2006 – suscite également un regain d’intérêt des investisseurs pour cette matière première, nécessaire notamment pour le fonctionnement des centrales nucléaires. Selon Patrick Houle, près de 20 compagnies minières effectuent des travaux d’exploration uranifère dans le bassin sédimentaire des monts Otish. «Le Nunavik constitue un terrain de recherche d’uranium, entre autres dans la fosse du Labrador, ajoute le géologue. Les compagnies minières se bousculent pour y acquérir des droits miniers d’exploration.» Depuis 1988, l’exploitation d’un gisement de nickel, cuivre, cobalt, notamment, au Nunavik par la Société minière Raglan du Québec (qui appartient à Xstrata Nickel) a amené d’autres compagnies – comme la Canadian Royalties – à faire de l’exploration pour ces métaux. Selon Jean-Pierre Thomassin, directeur général de l’Association d’exploration minière du Québec (AEMQ), le Nunavik est une terre fertile de recherche d’indices comme le cuivre, le platine, le palladium et le rhodium.

En 2006, plus de 181 chantiers d’exploration minière étaient actifs dans le Nord-du-Québec. Avec ceux qui se sont ajoutés en 2007, on anticipe un total de 235 projets en cours dans cette région.

Terres riches

Pas de doute pour Patrick Houle : le Nord-du-Québec, qui regroupe les territoires de la Baie-James et du Nunavik, est une région prometteuse pour l’industrie minière. Il souligne qu’en 2006, plus de 181 chantiers d’exploration minière étaient actifs dans le Nord-du-Québec. «Avec ceux qui se sont ajoutés en 2007, on anticipe un total de 235 projets d’exploration minière en cours dans cette région.» En 2006, la moitié des dépenses d’exploration minière du Québec ont été faites dans cette région. «Au total, les entreprises minières y ont investi 143 millions de dollars. En 2007, elles prévoient dépenser encore 165 millions dans l’exploration de la région», indique le géologue.

Les diverses activités d’exploration font poindre de nouveaux projets de construction de mines. D’ici à 2011, la compagnie Les Mines Opinaca, la division québécoise de Goldcorp, maintenant propriétaire du gisement Éléonore, souhaite construire une mine d’or; la Canadian Royalties aimerait ouvrir une mine de nickel au sud de la mine Raglan et le partenariat entre la Stornoway Diamonds Corporation et la SOQEM pourrait lancer l’exploitation d’une mine de diamants au nord des monts Otish.


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