
Site du gisement Éléonore, Baie James
Tous ces projets se réalisent préférablement en collaboration avec les nations autochtones (essentiellement cries et inuites) qui occupent les territoires de la Baie-James et du Nunavik. Avant même d’explorer un gisement sur ces territoires, certaines compagnies minières concluent une entente avec la communauté en place, notamment sur un nombre d’emplois garantis dans le projet, selon Jean-Pierre Thomassin de l’AEMQ.
«Dès le début, nous recommandons aux compagnies de rencontrer le conseil de bande ou l’agent de développement local de la communauté concernée par le projet afin d’établir un lien d’affaires et de confiance, ajoute Patrick Houle. Une personne peut être engagée pour faire le lien entre la communauté et la compagnie et pour faciliter les relations. Éventuellement, il peut aider de jeunes autochtones à se former dans un métier minier afin qu’ils obtiennent un emploi lié au projet.» Cette main-d’œuvre constituerait un atout pour les compagnies minières. «D’abord parce qu’elle est déjà sur place, mais aussi parce qu’elle est jeune et dynamique, précise le géologue. Les communautés sont en pleine expansion. Près de 60 % de leur population est âgée de moins de 35 ans. Bien souvent, ils parlent trois langues, par exemple l’anglais, le français, le cri ou l’inuktitut.»
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Mais les communautés autochtones ne suffisent pas à répondre à la demande. Les nombreux chantiers d’exploration dans le Nord-du-Québec entraînent une pénurie de main-d’œuvre spécialisée dans les mines. «On manque de travailleurs, c’est épouvantable», constate Michel Gauthier, professeur de géologie à l’Université du Québec à Montréal qui a participé à la découverte du gisement d’or Éléonore. «Il y a notamment un manque criant de géologues prospecteurs. J’ai formé 22 étudiants en géologie minière en 2007. Ils ont tous trouvé du travail, mais pas nécessairement à la Baie-James. J’en ai qui partent au Pakistan, en République dominicaine. Nos géologues sont réputés partout dans le monde pour leur expertise.» Selon lui, il faudrait former une centaine de géologues par année au Québec pour répondre à la demande.
Dans le domaine de l’exploitation, le Nord-du-Québec compte déjà sept mines en exploitation (voir encadré Les mines en activité à la Baie-James et au Nunavik). Et les chantiers à venir multiplieront aussi les besoins de main-d’œuvre. «Les mines exploitées dans la région emploient près de 1 600 personnes, estime Régis Simard de la Table jamésienne de concertation minière. On prévoit la création de 1 100 emplois supplémentaires liés aux nouveaux projets d’ici 5 à 10 ans.»
À titre d’exemple, Ghislain Poirier, géologue et directeur de l’environnement et des affaires publiques pour la Stornoway Diamonds Corporation, indique que l’ouverture d’une mine de diamants avec la SOQUEM au nord des monts Otish créerait environ 250 emplois. À cela s’ajouteront des emplois temporaires en rapport avec la construction de la mine. «La réalisation d’un accès routier reliant la ville de Chibougamau au gisement est aussi envisagée, note M. Poirier. On parle d’un axe routier de près de 260 kilomètres, soit une distance comparable à celle entre Québec et Montréal. Il s’agirait d’une route servant à la fois le développement minier et forestier de même que les activités récréotouristiques de la région.» Comme quoi, finalement, cette ruée boréale ne profite pas qu’aux investisseurs miniers. 06/07