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Des carrières en or

L’industrie minière québécoise aura besoin de 4 440 nouveaux travailleurs d’ici à 10 ans. Pour attirer la relève, les entreprises n’hésitent pas à offrir des conditions de travail et des salaires plus qu’alléchants. Découvrez-les à travers trois travailleurs miniers.

Par Emmanuelle Gril


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 9
octobre 2008


De l’or dans le sang

Travailler dans les mines, c’est presque génétique dans la famille de Francis Bellerose. Son grand-père, son père et son oncle étaient mineurs avant lui. Pas étonnant qu’il ait opté pour ce métier à son tour.

Après avoir obtenu un diplôme d’études professionnelles en extraction de minerai à la Commission scolaire de l’Or-et-des-Bois en avril 2008, il a été embauché à la mine Mouska du producteur d’or, d’argent et de cuivre Iamgold, située à l’est de Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue.

Francis Bellerose habite à Rouyn- Noranda. Il ne met que quelques minutes pour se rendre au travail. Lorsqu’il arrive à la mine, il va au vestiaire et enfile ses vêtements de travail : une salopette en tissu caoutchouté, un casque, une ceinture à laquelle il accroche quelques outils comme des pinces et une clé à molette. Ensuite, un monte-charge le descend avec d’autres travailleurs au fond de la mine. Là, il se rend avec un équipier dans une galerie, sur le chantier qui lui a été attribué.

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«Je commence par installer des barres de soutènement sur les parois, de même qu’un filet au plafond, pour éviter les éboulements de roches. Ensuite, avec une foreuse à main [une sorte de marteau-piqueur], je fais des trous dans la pierre à intervalles réguliers et j’y place de la dynamite», explique-t-il.

À la fin de la journée de travail, lorsque tout le monde a quitté la mine, on procède au sautage de l’explosif. L’équipe du quart de travail suivant prendra la relève pour extraire le minerai.

Un métier d’action

Francis exerce un métier manuel qui exige une bonne forme physique. Cela lui convient parfaitement, car il dit avoir besoin que ça bouge! «C’est aussi un emploi où je dispose d’une certaine autonomie. Je prends mes propres décisions sur ce qu’il y a à faire en arrivant sur le chantier : s’il faut poser des systèmes de soutènement, dégager certaines roches instables, choisir les endroits où percer les trous pour la dynamite, etc.»

Il ajoute que la mine Mouska fonctionne encore de façon traditionnelle en raison de la grande concentration d’or présente dans ce petit gisement, alors que la majorité des autres exploitations minières sont mécanisées afin de ratisser un territoire plus large. Il apprécie ce travail «à l’ancienne». Dans une mine plus moderne, il occuperait un poste d’opérateur d’équipement, ce qu’il trouve moins stimulant. «Les tâches sont généralement divisées entre les opérateurs, alors qu’ici, je peux tout faire», se réjouit-il.

Francis travaille de jour (de 7 h 30 à 15 h 30) pendant une semaine, puis de nuit (de 19 h à 4 h) la semaine suivante, en alternance. «Pendant la semaine de nuit, on ne travaille que quatre journées, et cinq durant l’autre», dit-il, ajoutant qu’il n’a eu aucune difficulté à s’adapter à cette rotation. Il gagne un bon salaire : la rémunération annuelle moyenne d’un mineur étant de 60 000 à 80 000 $. Il jouit également de nombreux avantages sociaux (assurances médicale et dentaire, cotisation à un fonds de retraite, etc.). «On a trois semaines de vacances en commençant. Vraiment, je n’ai pas à me plaindre!»

La passion des roches

Tout jeune, Nicolas Plouffe-Deschamps collectionnait les roches. C’est dire s’il était prédestiné au travail dans une mine!

Immédiatement après avoir terminé son diplôme d’études collégiales en minéralurgie au Cégep de Thetford en 2006, il a été embauché à titre de technicien minier par ArcelorMittal Mines Canada, où il avait préalablement effectué deux stages.

Les travailleurs sont logés près de la mine, dans une sorte de vaste complexe hôtelier où l’on trouve tout le confort.

Originaire de Lachute, dans les Laurentides, Nicolas travaille à Fermont, à presque 600 kilomètres au nord de Baie-Comeau. Il est logé dans un appartement payé en majeure partie par la compagnie qui l’emploie. Il habite à une vingtaine de kilomètres seulement de l’exploitation de minerai de fer de Mont-Wright sur la Côte-Nord, l’un des plus vastes gisements à ciel ouvert en Amérique du Nord. ArcelorMittal, qui a racheté la compagnie Québec Cartier au printemps 2008, exploite la mine et le complexe industriel Port-Cartier où se trouve l’usine de bouletage. Le site d’extraction est relié au complexe par une ligne ferroviaire de 420 kilomètres.

Nicolas se réjouit de la diversité de son travail, qui se déroule autant sur le terrain que dans un bureau. «Chaque matin, je me rends à la mine et je ramasse des échantillons de minerai qui ont été extraits par la foreuse. Je les envoie au laboratoire pour mesurer leur teneur en fer», explique-t-il. Si cette teneur est inférieure à 15 %, on considère que la roche est stérile. Au-delà de ce pourcentage, elle sera exploitée. Dans ce cas, on procède au dynamitage du secteur pour extraire la roche, qui est ensuite pelletée et expédiée au concasseur, puis au concentrateur. C’est à cette étape du processus que le minerai subit divers traitements jusqu’à l’obtention d’un concentré de fer à 66 %. Par la suite, le concentré est envoyé à l’usine de Port-Cartier où il est transformé en boulettes de fer destinées aux aciéries.


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