Bien qu’actuellement l’industrie biopharmaceutique n’ait pas que de bonnes nouvelles pour ses travailleurs, les ambitieux y trouvent toujours leur compte.

«Dans l’industrie pharmaceutique, les possibilités d’avancement sont nombreuses. Les personnes qui sont prêtes à s’investir seront comblées.»
Josée Bouchard sait de quoi elle parle. En un peu plus de 20 ans, elle a occupé sept postes différents au sein de trois entreprises. Elle est passée de technicienne de laboratoire à technicienne senior, superviseure, chef de service des laboratoires de contrôle, chef de service de l’assurance qualité, experte en conformité pharmaceutique et chef de la formation.
Titulaire d’un diplôme d’études collégiales (DEC) en techniques de laboratoire (profil chimie analytique), elle a débuté dans une entreprise qui réalise des essais cliniques. Pour propulser sa carrière, elle a obtenu un baccalauréat en gestion à HEC Montréal, puis une maîtrise en gestion de la formation à l’Université de Sherbrooke.
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Elle est aujourd’hui chef du service de la formation chez Schering-Plough, à Pointe-Claire, et chargée de cours au Collège Gérald-Godin, à Montréal, qui offre des attestations d’études collégiales (AEC) dans le domaine de la production pharmaceutique.
Un parcours exceptionnel? Non, d’après Francine Gendron, directrice générale de Pharmabio Développement, le Comité sectoriel de main-d’œuvre des industries des produits pharmaceutiques et biotechnologiques. «Les employeurs encouragent les promotions. Il y a beaucoup de possibilités dans les multinationales. Et dans les petites entreprises de biotechnologie, on peut facilement atteindre les hautes sphères de la gestion», explique-t-elle.
Les scientifiques sont bienvenus partout. Chez Algorithme Pharma, un biochimiste est devenu directeur informatique après avoir obtenu un second baccalauréat dans ce domaine en suivant des cours du soir. Toujours chez Algorithme Pharma, un spécialiste des réglementations nationales, qui rédigeait des protocoles pour les études sur les médicaments, est un jour passé au développement des affaires. «On privilégie les scientifiques, même dans les services du marketing et des ventes, car ceux-ci sont capables de discuter des produits avec un médecin ou un pharmacien», dit Francine Gendron.
Certaines passerelles reconnues par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport permettent aux titulaires de ce DEC d’obtenir, en deux ans plutôt que trois, un baccalauréat en biologie, en chimie, en biochimie ou en biotechnologie. L’Université de Sherbrooke accorde ainsi ce privilège aux techniciens de laboratoire issus du Cégep de Saint-Hyacinthe, en ce qui a trait au baccalauréat en biotechnologie.
Les diplômes en administration sont tout aussi prisés dans le domaine pharmaceutique. Mais pour œuvrer en recherche et développement, il faut, par exemple, une maîtrise en chimie, en biologie ou en pharmacologie. L’Université Laval propose un microprogramme de deuxième cycle en développement de produits pharmaceutiques et un MBA en gestion pharmaceutique. L’Université de Montréal offre pour sa part un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en développement du médicament, populaire chez les travailleurs du domaine. «Environ 40 % des étudiants sont des employés déjà en poste, qui ont un baccalauréat ou une maîtrise en chimie ou en biochimie», indique Robert-Georges Paradis, responsable de cette formation. Une fois ce DESS en poche, les étudiants peuvent poursuivre à la maîtrise en sciences pharmaceutiques dans ce même établissement.