La concurrence chinoise frappe durement la plasturgie québécoise. Mais dans la tourmente, certaines entreprises s’unissent, se réinventent et tirent profit du marché asiatique.

Les gadgets en plastique tout droit venus de Chine ont littéralement inondé le monde occidental. Puis la montée du dollar canadien a nui fortement aux exportations québécoises. Le prix du pétrole, matière première du plastique, a aussi grimpé. Il n’en fallait pas plus pour mettre en difficulté l’industrie québécoise de la plasturgie… et faire fuir la relève dont elle aurait tant besoin.
En ces temps troubles, deux organismes aident les industriels à rester à flot. PlastiCompétences, le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie des plastiques et des composites, travaille avec les employeurs et les établissements d’enseignement pour créer des formations en entreprise. Une solution aux problèmes de recrutement, qui s’amplifient à mesure que les programmes d’études en plasturgie perdent en popularité.
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L’Association canadienne de l’industrie des plastiques, région du Québec (ACIP Québec), met aussi la main à la pâte et multiplie les initiatives. Pour ses membres, elle organise des rencontres d’affaires et des missions commerciales à l’étranger, en plus de coordonner six tables sectorielles régionales en plasturgie. Par exemple, de 15 à 20 industriels de Montréal, de Laval, des Laurentides et de Lanaudière se sont regroupés pour obtenir un coup de pouce. Même principe dans Chaudière-Appalaches et à Québec, ainsi que dans la grande région que forment l’Estrie, le Centre-du-Québec, la Mauricie et la Montérégie.
«Les tables régionales permettent notamment aux pdg de rencontrer une équipe stratégique composée de conseillers issus d’organismes gouvernementaux ou de l’ACIP. Ces intervenants aident les entrepreneurs à élaborer un plan pour améliorer la productivité, ou encore innover et mieux commercialiser leurs produits», explique Cristina Marques, coordonnatrice des Tables sectorielles régionales de la plasturgie pour l’ACIP Québec.
Les experts guident aussi les entrepreneurs dans la recherche et l’obtention de programmes d’aide. «Celui pour la recherche industrielle du Centre national de recherches Canada, ou celui d’aide à l’achat d’équipement neuf de Développement économique Canada, par exemple», illustre Cristina Marques.
Après avoir complété le processus, certaines entreprises ont augmenté leur productivité jusqu’à 55 %. La coordonnatrice donne l’exemple de Plastique Micron, une entreprise de la région de Québec qui fabrique des bouteilles en plastique pour les secteurs pharmaceutique, cosmétique et industriel. «Elle a décroché une subvention pour acheter, notamment, des robots qui procèdent à l’inspection visuelle des produits et qui les emballent. Les personnes qui occupaient ces postes ont alors été redirigées vers d’autres tâches au sein de l’entreprise. Plastique Micron a ainsi pu maintenir ses prix, consolider sa position par rapport à ses clients et même gagner des parts de marché», soutient Cristina Marques.
Il relate le cas de Faspac Plastiks, un fabricant de sacs de plastique, dont les affaires commençaient à stagner. «J’ai participé à une mission en Chine en juin 2005, raconte son président, Steven Polidoro. J’y ai rencontré des gens qui fabriquent à bas prix de grands sacs de plastique réutilisables, lavables à la machine et recyclables. Depuis, je distribue leurs produits en Amérique du Nord, notamment chez Jean Coutu et Archambault, et éventuellement dans d’autres entreprises.» Cette entente n’a pas causé de mises à pied à Montréal. Au contraire, les affaires vont très bien pour la compagnie, qui continue aussi de fabriquer et d’imprimer d’autres types de sacs au Québec.
Même si elle n’a pas participé aux missions commerciales de l’ACIP, Créations Foam n’hésite pas à tirer parti du géant chinois. Cette compagnie, qui fabrique les sandales en mousse de plastique Crocs, a toujours 800 employés dans son usine de Québec. Ce qui ne l’empêche pas pour autant de faire affaire avec des sous-traitants chinois, européens et mexicains. «Nos chaussures se vendent comme des petits pains chauds; on ne suffit pas à la tâche!» explique la vice-présidente à l’administration, Marie-Claude de Billy.