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Le secteur de la santé

Prompt rétablissement

Urgences bondées, lits fermés, listes d’attente interminables… les difficultés que connaît le réseau de la santé québécois sont tristement célèbres. Pour une bonne part, elles trouvent leurs origines dans la pénurie de personnel en tous genres. Résultat : des dizaines de professions qui n’attendent que les candidats!

par Martine Batani


Magazine Jobboom
Vol. 4 no. 1 janvier 2003


Des médecins généralistes et spécialistes, des infirmières et des infirmières auxiliaires, mais aussi des orthophonistes, des pharmaciens, des physiothérapeutes, des audiologistes, des préposés aux bénéficiaires, des gestionnaires, des secrétaires médicales… Il manque de tout et partout dans le secteur de la santé au Québec.

En novembre dernier, le ministre de la Santé et des Services sociaux, François Legault, donnait la mesure de ce qu’il en coûterait pour remettre le réseau sur les rails : 1,8 milliard de dollars de plus. Et ce n’est que pour une première année… Au cours des ans qui suivront, il faudra ajouter à ce montant récurrent des centaines de millions de dollars en crédits supplémentaires chaque année.

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Une bonne part de ces sommes colossales serait consacrée à l’embauche de personnel. Parmi les recommandations du ministre : ajouter 33 000 employés dans l’ensemble du réseau d’ici à cinq ans — soit plus de 6 000 nouveaux emplois par année —, améliorer leur répartition sur le territoire et utiliser leurs compétences de manière plus optimale. Ces recommandations répondent aux préoccupations des professionnels sur le terrain. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement : «Il faut qu’il prenne des décisions : investir de l’argent ou offrir moins de services», affirme Lisa Massicotte, porte-parole de l’Association des hôpitaux du Québec. Or, même s’il s’en donne les moyens financiers, le gouvernement québécois ne pourrait pas du jour au lendemain soulager tous les maux du réseau. Par exemple, il manque 1 000 médecins de famille, souligne Harold Dion, président sortant du Collège québécois des médecins de famille. On aurait beau vouloir en engager 1 000 dès demain, il n’y a pas 1 000 candidats qui attendent d’être embauchés dans le réseau!

En 2003 et 2004, il y aura 300 postes à pourvoir en spécialités : anesthésistes généraux, radiologistes diagnostiques, chirurgiens orthopédiques, hématologistes, alouette!

C’est qu’au début des années 1990, le gouvernement a diminué le nombre d’entrées dans les facultés de médecine. «C’était une très mauvaise décision», juge Harold Dion. «La mauvaise planification des contingents universitaires fait partie des causes de la pénurie», constate aussi Louise Trépanier, porte-parole de l’Association des CLSC et des CHSLD du Québec.

De plus, la lutte au déficit budgétaire a aussi contribué à aggraver la carence. «Les préretraites proposées par le gouvernement en 1997 à tous les employés de l’État ont eu beaucoup plus d’impact que prévu, souligne Harold Dion. De très nombreux médecins de famille s’en sont prévalu.»

Sans compter ceux qui sont allés pratiquer dans les plus verts pâturages ontariens et américains… où les conditions salariales et de travail sont supérieures à celles offertes au Québec. Selon l’Institut canadien d’information sur la santé, un organisme autonome, 611 médecins québécois auraient quitté le Québec depuis 1996. De ce nombre, 294 sont revenus. Une perte nette de 311 docteurs.

Pour contrer le phénomène, la Fédération des médecins spécialistes du Québec proposait l’automne dernier, dans le cadre du conflit de travail qui l’opposait au gouvernement, d’augmenter la rémunération des spécialistes de 30 % afin qu’elle rejoigne la moyenne canadienne.

La Fédération a de quoi s’inquiéter : il manquerait des médecins dans l’ensemble des 35 différentes spécialités. En 2003 et 2004, il y aura 300 postes à pourvoir en spécialités, estime la Fédération. Impossible ici d’énumérer les besoins les plus urgents tellement ils sont nombreux : anesthésistes généraux, radiologistes diagnostiques, chirurgiens orthopédiques, hématologistes, alouette!

En crise

Selon Robert Tremblay, directeur de la recherche, de la planification et du développement de la main-d’œuvre au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), la crise ne peut que s’aggraver avec le temps. «D’ici à 10 ans, 8 000 employés du secteur de la santé prendront leur retraite. Également, à cause de la baisse du taux de natalité au Québec, la relève se fait plus rare. Et la population vieillit! Elle fait donc davantage appel aux services sociaux et de santé.»


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Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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