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La Régie a donc choisi de passer à l’action en faisant la promotion de l’emploi en santé dans la région. «Nous avons conçu un CD-ROM publicitaire que nous distribuons aux sortants des cégeps et des universités du Québec», précise Christiane Lemaire, conseillère en promotion de la santé à la RRSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec. À cette mesure s’ajoutent certaines initiatives originales. Par exemple, la Régie donne des formations d’appoint en psychiatrie aux omnipraticiens, conclut des ententes de stages entre hôpitaux et facultés de médecine, accorde des primes financières à ceux qui acceptent de joindre ses rangs et fait même appel aux médecins retraités.
«En novembre, nous avons participé au Salon infirmier de Paris grâce à l’appui du ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration», ajoute Michel Gervais. C’est la première région à participer à un tel événement et elle est revenue avec une vingtaine de CV en poche. «Là-dessus, trois ou quatre seulement sont intéressants, précise Michel Gervais. Mais maintenant que le Collège des médecins et le ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration facilitent l’admission des médecins immigrants, il sera plus simple pour nous de recruter ces professionnels.» (Voir l’encadré.)
En Outaouais, pour attirer les employés, la RRSSS a fait affaire avec une boîte de communication qui lui a conçu un slogan et toute une campagne de promotion pour vendre la région aux professionnels de la santé. Grâce à ces démarches, Martin St-Louis, agent de communication à la Régie régionale de l’Outaouais, estime que la région a réussi à attirer, entre autres, 90 infirmières en huit mois.
La région de Lanaudière devra être aussi créative pour attirer son personnel, compte tenu du déménagement et de l’agrandissement du Centre hospitalier Pierre-Le Gardeur, dont l’ouverture est prévue pour 2004. «Il faut s’y prendre tôt, parce que nos besoins sont grands et que la pénurie est importante, explique le directeur des services professionnels et hospitaliers du Centre Pierre-Le Gardeur, Jacques Ricard. En novembre dernier, le Centre a organisé un événement portes ouvertes sur le chantier. On y avait invité tous les médecins, infirmières et professionnels de la santé qui pourraient être intéressés à venir y travailler. Presque 400 personnes du domaine se sont inscrites pour la journée. L’objectif était de 250 personnes.»
La pénurie de main-d’œuvre aura-t-elle une fin? Espérons-le. Mais ce n’est pas demain la veille que les diplômés des différentes professions de la santé éprouveront de la difficulté à se trouver un emploi!
Médecins et infirmières étrangers : la solution?
L’automne dernier, le ministre délégué aux Relations avec les citoyens et à l’Immigration, André Boulerice, et le président du Collège des médecins, Yves Lamontagne, invitaient tous les médecins formés à l’extérieur du Canada et des États-Unis à sortir de l’ombre et à demander un permis restrictif de pratique médicale.
Les médecins formés à l’étranger recevront désormais un plus grand soutien technique lors de leur demande de permis de pratique au Collège des médecins. Entre autres, les délais d’étude de leurs dossiers seront moins longs.
Le permis restrictif permet de poser seulement les actes médicaux mentionnés au permis et qui auront été déterminés selon la formation du médecin. Pour obtenir ce permis, le médecin doit réussir un examen de base en sciences cliniques et un deuxième qui porte sur la compréhension des aspects déontologiques, légaux et organisationnels de la pratique médicale au Québec, et suivre un stage d’évaluation de trois mois.
Geneviève Mathieu, attachée de presse d’André Boulerice, donne l’exemple d’un médecin européen ayant réussi tous ses examens, mis à part l’épreuve de prescription. Pourquoi? «Parce que les noms génériques des médicaments n’étaient tout simplement pas les mêmes que dans son pays d’origine, explique-t-elle. Il devra donc faire un stage pour apprendre ces noms avant de pouvoir obtenir un permis restrictif.»
Le permis restrictif est octroyé pour une période d’un an, mais il est renouvelable. De plus, après six ans d’exercice au Québec, le détenteur peut choisir de le convertir en permis régulier en passant les examens de médecine de famille ou de spécialité, selon le cas.
On ne sait pas encore quel impact aura cette procédure facilitée, le nombre de médecins qui pourraient avoir droit à ce permis étant toujours inconnu.
Il y a deux ans, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) avait permis d’accélérer le traitement des demandes d’infirmières étrangères pour pratiquer au Québec. La présidente de l’OIIQ, Gyslaine Desrosiers, avait jugé que cette mesure serait utile pour combler des besoins de personnel infirmier dans certaines spécialités, mais qu’elle ne pouvait en aucun cas remplacer un processus rigoureux de planification de l’effectif infirmier.
Depuis quelques années déjà, une délégation québécoise se déplace au Salon infirmier de Paris pour y recruter des infirmières. Cette année, on s’y est aussi rendu en quête de médecins. «Mis à part l’Europe, nous voulons aussi nous rendre en Amérique latine, surtout en Argentine où la deuxième langue est le français», affirme André Boulerice.