Acupuncteurs, massothérapeutes, naturopathes et autres spécialistes des médecines douces gagnent du terrain. Et appuyée par de nouvelles formations, la crédibilité de leur profession prend de la force.

Dre Josianne Lavoie pratique la chiropratique depuis quatre ans à sa clinique privée de Laval. Ses clients s’étonnent souvent devant le diplôme de doctorat accroché au mur de sa clinique. «Nombreux sont ceux qui croient qu’il suffit d’un diplôme d’études professionnelles pour soigner leur mal de dos!»
Dre Lavoie a plutôt suivi les cinq ans et demi d’études universitaires obligatoires pour obtenir son doctorat de premier cycle. La formation s’échelonne sur onze sessions et mène directement à l’obtention d’un doctorat en chiropratique, l’unique diplôme possible dans cette discipline. L’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) est le seul établissement de la province à offrir ce programme autorisé en novembre 1992.
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Elle a aussi réussi les examens de l’Ordre des chiropraticiens du Québec, l’organisme qui réglemente la profession, pour décrocher son titre de chiropraticienne. Au Québec, la chiropratique est la seule médecine douce enseignée à l’université, mais d’autres pratiques alternatives pourraient emboîter le pas.
Guilhem Durand, syndic correspondant à l’OAQ, remarque que la médecine traditionnelle s’intéresse à l’acupuncture. «De plus en plus de cliniques de santé pluridisciplinaires regroupent sous un même toit des physiothérapeutes, des médecins et des acupuncteurs pour offrir des services complémentaires. Par exemple, un patient ayant subi un accident de voiture peut consulter un physiothérapeute pour ses douleurs physiques et un acupuncteur pour détendre ses muscles et atténuer le stress lié à l’accident.»
M. Durand ajoute que certains hôpitaux, comme le Centre hospitalier de LaSalle et l’Hôpital Saint-Luc du CHUM, permettent aussi aux femmes d’être assistées par un acupuncteur lors d’un accouchement. Une formation universitaire des acupuncteurs pourrait élargir ce genre de collaboration dans le milieu de la santé.
La Fédération québécoise des massothérapeutes (FQM) réglemente cependant la pratique professionnelle du massage. Alain Beauregard, chargé des communications à la FQM, explique que l’organisme travaille en partenariat avec les vingt écoles privées qui structurent leurs formations conformément aux exigences de la Fédération.
Une formation en massothérapie dure environ 1 400 heures et coûte autour de 14 000 $. Les 400 heures de la première formation de praticien sont généralement réparties sur deux semestres, alors que deux à trois années supplémentaires sont nécessaires pour terminer la formation de 1 000 heures menant au titre de massothérapeute.
L’Association des diplômés en naturopathie du Québec (ADNQ) supervise aussi la pratique de cette discipline en reconnaissant certains établissements d’enseignement privés répondant à ses critères. La formation s’échelonne sur trois ans à temps plein ou quatre ans à temps partiel. Elle coûte entre 10 000 $ et 15 000 $.
En ostéopathie, le Registre des ostéopathes du Québec (ROQ) accrédite les programmes de formation de deux collèges : le Collège d’études ostéopathiques et le Centre ostéopathique du Québec. Les étudiants doivent préalablement avoir suivi une formation universitaire en sciences de la santé, par exemple en physiothérapie, en biologie ou en pharmacie. «La formation, d’une durée de 1 250 à 1 400 heures, est suivie à temps partiel et répartie sur six ans en plusieurs séminaires de quatre ou cinq jours», explique Nathalie Viau, membre du comité de promotion du ROQ.