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Déjà aux prises avec une pénurie de main-d’œuvre, le réseau de la santé fait des pieds et des mains pour assurer sa relève. Attirer les diplômés, retenir les employés, motiver ses troupes : les défis sont grands pour les gestionnaires d’établissements de santé. Mais heureusement, plusieurs initiatives portent fruit.

Le réseau de la santé n’est pas un employeur comme les autres. Avec ses 250 000 employés, il est non seulement vaste et tentaculaire, mais il présente aussi des caractéristiques particulières. «Nous sommes ouverts 24 heures sur 24, 7 jours sur 7! Nos employés peuvent donc avoir à travailler le soir, la nuit, les fins de semaine et les jours fériés», énumère Pierre Gingras, directeur des ressources humaines à l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS).
Des conditions parfois rebutantes pour les représentants des générations X et Y, qui valorisent davantage la conciliation du travail avec la vie personnelle.
Mais les gestionnaires n’ont pas le choix de les convaincre d’intégrer le réseau de la santé, car les besoins de relève sont importants. «À cause du vieillissement de la population, la demande de soins de santé augmente, mais il faut aussi composer avec les départs à la retraite de notre main-d’œuvre, précise Pierre Gingras. D’ici à 2015-2016, le réseau devra recruter de 15 000 à 20 000 personnes chaque année : des professionnels de la santé autant que du personnel de soutien.»
À titre d’exemple, selon les dernières statistiques de l’AQESSS, il manquait 2 643 infirmières dans le réseau en 2007-2008, et on appréhende un déficit de 8 733 infirmières en 2012-2013. Du côté des pharmaciens d’établissement, il en manquait 179 en 2007-2008 et ce chiffre s’élèvera à 292 en 2012-2013.
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«Par ailleurs, pour capter l’intérêt des jeunes, le ministère de la Santé et des Services sociaux [MSSS] va sous peu lancer sur Internet un jeu interactif sur les carrières dans le secteur de la santé. L’AQESSS souhaite aussi convaincre le Ministère et ses différents partenaires d’organiser une campagne de valorisation des métiers dans ce domaine, illustre Pierre Gingras. Également, plusieurs établissements de santé ont intégré le recours à Internet dans leurs méthodes de recrutement pour toucher davantage les jeunes.»
De son côté, le MSSS mise sur l’attrait financier afin d’attirer des recrues. Ainsi, depuis le 1er juillet 2009, les nouvelles infirmières reçoivent un montant de 3 000 $ annuellement durant leurs trois premières années de service. Cette prime est de 2 000 $ pour les infirmières auxiliaires.
Au Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM), on multiplie aussi les actions pour attirer la main-d’œuvre. Parmi celles-ci, le programme Sang neuf qui, au moyen d’alliances avec les organismes communautaires de la région, aide au recrutement. «Ces organismes sont mis au courant de nos besoins d’embauche et permettent de faire le pont avec la population qu’ils desservent», explique Renaud Vigneault, directeur des ressources humaines du CHUM. Par exemple, les centres d’aide pour femmes peuvent faire circuler des offres d’emploi du CHUM auprès de leur clientèle.
Il y a un an, le CHUM s’est également équipé d’un logiciel de gestion des CV permettant aux candidats de s’inscrire dans son site Internet pour recevoir automatiquement les offres d’emploi correspondant à leur profil. Environ 3 000 per-sonnes se sont abonnées au service jusqu’à maintenant.