La génération d’après-guerre, scolarisée et assez bien informée, est exigeante envers les institutions financières et leurs spécialistes. «Quand vient le temps d’acheter un produit financier, les boomers veulent un représentant qualifié, capable d’expliquer la complexité des produits», relève Luc Labelle, vice-président exécutif à la Chambre de la sécurité financière, un organisme qui encadre la pratique des professionnels du secteur financier. «Il y a eu un éveil de la population, ses besoins financiers se sont raffinés.»
La formation de base dispensée aux professionnels de la finance tient d’ailleurs compte des exigences d’une clientèle vieillissante. La dernière mouture du programme collégial Conseil en assurances et en services financiers, instaurée en 2000, insiste sur les finances personnelles. «Nous offrons entre autres des cours d’analyse des états financiers personnels, de gestion des placements des particuliers, de planification fiscale, d’assurance invalidité et produits de retraite, d’assurance vie», énumère Anicet Quenum, cocoordonnatrice de ce département au Cégep de Sainte-Foy. «Le cours synthèse intitulé Planification financière intégrée développe chez les élèves la capacité d’appréhender une situation financière dans son ensemble plutôt que de traiter chaque dimension séparément.»
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Quelque 55 % des boomers détiennent un REER qui vaut en moyenne 55 000 $, note Hélène Ruel, du Mouvement Desjardins. Ce qui est insuffisant si on ne possède pas une rente d’employeur ou un bien qu’on peut vendre à la retraite, comme une résidence. «Les gens commencent à épargner pour la retraite vers l’âge de 35 ans en moyenne, 40 % ne commencent pas avant 40 ans», soit trop tard pour cumuler un capital de retraite à 65 ans, ajoute Hélène Ruel. Et les taux d’intérêt sont actuellement très faibles, ce qui ne valorise pas l’épargne.
Martin Dupras, du Groupe-conseil Aon, prévoit que le Québec sera bientôt à l’heure de la conciliation travail... et retraite! «De grandes entreprises offrent depuis 15 ans des mesures de départ volontaire : trois mois, six mois ou un an de salaire sont offerts aux personnes qui quittent leur emploi. Le défi du futur sera carrément l’inverse : assurer la rétention des travailleurs de qualité. Il faudra s’adapter, tant en matière de pratiques de travail, de rémunération et de politiques que sur la forme des régimes de retraite, qui devront être plus flexibles – c’est déjà commencé – et qui devront permettre une retraite progressive, temporaire ou à temps partiel.» Un régime de retraite flexible ne doit pas (ou doit peu) pénaliser le retraité qui désire prolonger sa vie professionnelle.
«Les baby-boomers ont tout changé sur leur passage, rappelle Martin Dupras. La définition de la retraite, ils la changent également.»