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Même si un planificateur financier est généralement de bon conseil, mieux vaut garder l’œil ouvert pour bien servir ses intérêts, surtout quand on se sent tiraillé par l’émotion.

Les récents scandales financiers à la Earl Jones ou Vincent Lacroix, soupçonnés d’avoir dilapidé les économies de centaines de petits investisseurs, peuvent donner la chair de poule au moment d’investir son argent.
Le nombre de demandes du public auprès du Centre de renseignements de l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour vérifier la validité de l’inscription des planificateurs, conseillers et courtiers en valeurs mobilières a d’ailleurs explosé depuis la fin de 2008.
Mais les conseillers qui abusent de la vulnérabilité des clients demeurent extrêmement rares, assure l’AMF. «La médiatisation importante du cas Earl Jones a pu donner l’impression qu’il y a soudainement plus de cas de malversations, mais cela ne reflète pas la réalité, dit le porte-parole Sylvain Théberge. Pour 99,6 % de tous les représentants financiers inscrits à l’AMF, tout est impeccable, la relation avec la clientèle est excellente et nous n’avons rien à leur reprocher. Les gens doivent donc continuer d’avoir confiance.»
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«Depuis 2007, parmi les 450 personnes à qui nous avons offert une formation de base d’introduction aux marchés financiers, la moitié ont eu à une occasion ou une autre de leur vie d’investisseurs des problèmes avec un représentant», indique le responsable de la formation au MÉDAC, Normand Caron.
Selon lui, les deux problématiques les plus fréquentes sont un planificateur qui n’a pas soigneusement établi le profil de la personne et lui a suggéré un niveau de risque trop élevé pour ce qu’elle pouvait tolérer, ou un suivi qui a été insuffisant pour bien informer et rassurer le client. «La personne a d’abord fait confiance à son planificateur financier, mais une fois que le service a été livré, le doute a commencé à germer dans son esprit, relate-t-il. Beaucoup de gens nous demandent de leur expliquer dans quoi ils ont investi.»
On peut même demander à un conseiller financier potentiel comment il réagirait si nos placements baissaient afin de jauger sa sensibilité, suggère le psychologue Clément Patenaude. «Ça permet de voir comment il va réagir à nos inquiétudes, s’il a une certaine empathie ou si au contraire il pense uniquement à notre portefeuille, estime-t-il. Si on sent qu’il se fout de nos sentiments, il faut peut-être se méfier des risques qu’il pourrait prendre.»
Et lorsqu’on est soi-même sous le coup de l’émotion, on doit être particulièrement vigilant, ajoute la psychologue Sylvie Boucher. «Il ne faut jamais accorder aveuglément sa confiance et il est important de réaliser que, lorsqu’on est plus émotif, on est plus vulnérable, met-elle en garde. Car si notre conseiller n’était pas fiable, malheureusement, c’est au moment où on est vulnérable qu’il frapperait fort.»