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La mort des baby-boomers devrait générer des profits importants pour les salons funéraires d’ici les 20 prochaines années. Les entreprises du secteur sont donc prêtes à surfer sur la vague.

Au Québec, le nombre de décès par année a augmenté de 22 % en 20 ans. Or, le vrai boom de mortalité devrait survenir aux alentours de 2030, quand la génération des baby-boomers passera massivement l’arme à gauche. Les multinationales américaines, S.C.I. et Stewart notamment, ont flairé la bonne affaire et acheté plusieurs entreprises québécoises au cours des années 1990.
Aujourd’hui, il existe 320 entreprises funéraires dans la province qui sont construites sous trois modèles : les entreprises familiales qui se lèguent de génération en génération (45 % du marché), les multinationales qui sont cotées en bourse (40 %) et les coopératives funéraires (15 %). «Ces dernières sont des organismes à but non lucratif qui appartiennent aux membres et qui offrent des services à moindre coût», explique Alain Leclerc, directeur de la Fédération des coopératives funéraires du Québec.
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Toutes ces entreprises se partagent 2 000 travailleurs qui œuvrent comme gestionnaires, thanatopracteurs, conseillers aux familles ou transporteurs de dépouilles. D’ailleurs, les jeunes sont de plus en plus nombreux à s’intéresser à ce secteur. Le programme en thanatologie, offert au Collège de Rosemont seulement, est contingenté.
La directrice de la Corporation des thanatologues du Québec, Nathalie Samson, affirme que l’industrie funéraire récolte quelque 350 millions de ventes par année. Ceux qui voudraient démarrer leur entreprise dans le domaine devront cependant avoir les reins solides, car il faut débourser pas moins d’un million de dollars pour ouvrir un salon.
Sébastien St-Onge, sociologue et auteur du livre L’industrie de la mort, soutient, quant à lui, que l’industrie funéraire contribue à marchandiser la mort. «Les professionnels du milieu sont devenus des metteurs en scène de la ritualité funéraire contemporaine.» Aujourd’hui, selon lui, la mort est une question davantage économique que religieuse.
David Émond explique que plusieurs Québécois ne veulent plus entendre parler de Dieu. «Les entreprises sont donc sensibilisées à offrir des rituels personnalisés et significatifs pour permettre à leurs clients de vivre adéquatement leur deuil», conclut-il.