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Technologies de l’information et des communications

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Alité à Rimouski, un patient cancéreux reçoit son diagnostic et des explications en direct du Centre hospitalier universitaire de Montréal. Au même moment, un pharmacien de Charlevoix consulte à distance le dossier médical d'un touriste Sherbrookois pour savoir quel hypotenseur lui a été prescrit. Bienvenue dans le monde des TIC appliquées à la santé!

Par Jean-Sébastien Marsan


Magazine Jobboom
Vol. 7 no. 8 septembre 2006


«Dans le domaine de la santé, on a de moins en moins d’argent et de ressources humaines, mais les besoins de soins explosent. La seule solution repose sur les nouvelles technologies», affirme Daniel Laplante, directeur général de l’Association de l’industrie des technologies de la santé (AITS), qui regroupe 125 entreprises parmi les 600 actives dans ce domaine au Québec. Ce secteur d’activité est en plein essor dans la province, avec environ 15 000 emplois, un taux de croissance annuel de 8 à 10 % et des défis pressants.

Tout comme l’AITS, le gouvernement du Québec voit l'importance d'utiliser des technologies de l’information et des communications (TIC) dans le domaine de la santé. En avril dernier, il annonçait un investissement estimé à 547 M$ partagé entre le gouvernement provincial et Inforoute Santé du Canada, un organisme créé par le gouvernement fédéral pour promouvoir le dossier de santé électronique partout au pays. Ce projet devrait créer quelque 6 300 emplois d'ici à 2010.

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La grande priorité du gouvernement est le dossier de santé électronique interopérable, qui permettra l’échange d’information entre des établissements de santé. Les hôpitaux, les cliniques privées et les pharmacies de quartier auront accès aux dossiers médicaux des patients ayant accepté ce partage. «L’objectif, à terme, c’est qu’un professionnel de la santé qui a besoin d'information sur les antécédents médicaux d'un patient puisse les obtenir à un seul endroit», spécifie le Dr André Simard, directeur du dossier de santé électronique interopérable au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

Plusieurs autres projets pilotes seront déployés au cours des prochaines années, notamment dans les nouveaux CHUM (Centre hospitalier de l'Université de Montréal) et CUSM (Centre universitaire de santé McGill). Ces projets pourront concerner, par exemple, la technologie de l’imagerie diagnostique, qui consiste à numériser les rapports et les images de radiologie ou encore la télésanté, qui facilitera l’échange d'information médicale et de services de santé en faisant fi des obstacles géographiques. Le télédiagnostic, une branche de la télésanté, permettra par exemple de consulter un médecin à distance.

Le dossier de santé électronique permettra, par exemple, de constater qu’un patient a vu deux médecins pour le même bobo alors qu’une seule consultation aurait suffi.

Plus efficace

À terme, les TIC pourraient changer le visage des soins de santé. Lorsque les professionnels auront une meilleure vue d’ensemble du dossier d’un patient, il devrait y avoir moins d’erreurs médicales, de consultations inutiles, d’examens réalisés en double et de médicaments mal utilisés. Même les temps d'attente pourraient être abrégés, les généralistes et les spécialistes n’ayant plus à s’échanger de dossiers papier pour établir leurs diagnostics. Et grâce aux applications de la télésanté, comme le télédiagnostic, exit les longs voyages pour les patients qui vivent en région éloignée.

«On dit toujours que le domaine de la santé coûte très cher aux contribuables, mais on ne sait pas exactement ce qui coûte cher», souligne Nicola Hagemeister, professeure en génie de la production automatisée à l’École de technologie supérieure (ÉTS). «À partir du moment où tout est informatisé, tout peut être chiffré.» Le dossier de santé électronique permettra, par exemple, de constater qu’un patient a vu deux médecins pour le même bobo alors qu’une seule consultation aurait suffi.

Bons débouchés

Pendant la phase d'implantation, prévue jusqu’en 2010, les fournisseurs d’appareils et de logiciels créeront la majorité des emplois. Les diplômés en informatique seront aux premières loges. Les postes seront plus facilement pourvus par les professionnels ayant des connaissances en droit de la santé, sur les brevets à obtenir pour les technologies de la santé et sur la sécurité informatique.

L’industrie a aussi besoin d'ingénieurs en tout genre. «Ceux qui possèdent une formation hybride (mécanique et électronique) sont extrêmement recherchés», déclare Nicola Hagemeister. Pour permettre les jumelages de spécialités, l’ÉTS offre une concentration en technologies de la santé à ses étudiants en génie électrique, en génie mécanique et en génie de la production automatisée. De son côté, l’École Polytechnique table sur le génie biomédical, avec des diplômes de deuxième et de troisième cycles.

Purkinje, à Montréal, est un important fournisseur de logiciels dans le dossier de la santé électronique. L’entreprise recherche des professionnels spécialisés, notamment des formateurs en applications informatiques dans le domaine de la santé, des analystes en assurance-qualité logicielle et des gestionnaires de projets. «On reçoit en entrevue des gens qui n’ont pas de baccalauréat, mais qui ont acquis 15 ans d'expérience en gestion de projets ou en programmation, par exemple, dans les hôpitaux», déclare Kaitlyn Moss, généraliste des ressources humaines chez Purkinje.

À partir de 2010, lorsque l’informatisation du réseau de la santé sera terminée, la création d'emplois se produira surtout dans les établissements de santé. «On fera appel à plus d’archivistes médicaux pour le dépôt des données, par exemple», prévoit le Dr André Simard.


Une bonne grappe de raisins

Le concept de grappe industrielle, vous connaissez? Un secteur d’activité constitue une grappe et les entreprises, même concurrentes, sont ses raisins. La synergie entre les raisins favorise la prospérité de la grappe, par exemple lorsque deux ou plusieurs entreprises œuvrent de concert pour développer de nouveaux marchés.

Montréal International coordonne une grappe des TIC à Montréal depuis deux ans. «Il s’agit de l'industrie privée numéro un du Grand Montréal : 110 000 emplois, 2 700 entreprises», indique Lyne Bouchard, vice-présidente, responsable de la grappe des TIC chez Montréal International. «Au fur et à mesure que les entreprises en TIC se déploient, elles font face à des défis qu'elles ont de la difficulté à relever seules. La grappe peut leur venir en aide», expose-t-elle. Pour l’exportation, par exemple. «En s'associant à des entreprises qui sont déjà actives à l’échelle internationale, elles seront plus compétitives, soutient Lyne Bouchard. Au lieu de travailler en silo, une entreprise peut s'associer à une autre entreprise qui offre un produit complémentaire et développer de nouveaux marchés à l'échelle internationale», explique Lyne Bouchard.

Dès cet automne, Montréal International s'emploiera à mettre les entreprises en réseau et à faire circuler de l’information (sur les subventions à l’exportation, par exemple) pour que les concurrents sur le marché national deviennent des partenaires sur les marchés extérieurs. (J.-S. M.)


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