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Cette vague de mariages entre les acteurs de l’industrie a cependant ralenti la croissance de l’emploi. L’acquisition de STS, une entreprise spécialisée en solutions technologiques pour le commerce de détail, par la multinationale britannique NSB, en 2001, a mis fin aux embauches massives à répétition des dernières années.
Devenue STS/NSB, l’entreprise établie à Montréal depuis 30 ans emploie maintenant quelque 900 personnes et gère les stocks, les relations entre les différents points de vente et le service après-vente de Holt Renfrew, Nike et Chanel, notamment.
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Après avoir grassement profité des mises à jour des systèmes informatiques en prévision du bogue de l’an 2000 à la fin des années 1990, les sociétés de services-conseils ont dû prendre un virage, et vite, pour éviter d’être à leur tour victimes du bogue, en quelque sorte!
Elles ont réussi à relever le défi : ce sont désormais l’impartition et le commerce électronique qui font tourner la roue. «Le phénomène d’impartition amène beaucoup d’eau au moulin», confirme Sylvie Gagnon, directrice générale de TECHNOCompétences (Comité sectoriel de main-d’œuvre en technologies de l’information et de la communication).
L’impartition est ce qui a permis à de nombreuses entreprises et institutions de faire face à l’envahissante quincaillerie informatique dont elles disposent maintenant : elles confient la tâche à des entreprises de services-conseils, qui gèrent pour elles leurs parcs informatiques. Ainsi, de nombreux informaticiens ont subitement changé d’employeur, sans changer d’emploi!
C’est ce qui est arrivé lors de l’impartition du service des ressources humaines de la Banque CIBC à la firme EDS, il y a quelques mois. «Deux cents employés de ce service sont devenus des employés d’EDS», note Guy Martin, directeur régional des ressources humaines régions Québec et Atlantique, chez EDS.
EDS a aussi décroché en juillet 2001 le plus important contrat d’impartition confié par le gouvernement du Québec à une firme de consultation. Le projet GIRES prévoit ainsi la refonte des systèmes informatiques qui gèrent les services financiers, des ressources humaines, des ressources matérielles, des ministères et des organismes de l’État québécois.
Loin d’être en reste, CGI signait l’an dernier un énorme contrat de 1,2 milliard de dollars avec le Mouvement Desjardins pour le même type de mandat.
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Patient et ambitieux
Mathieu Pitre, 23 ans
Chef d’équipe des techniciens, Computer Sciences Corporation (CSC)
Chez Pratt & Whitney, le client de CSC où Mathieu Pitre travaille en permanence, l’entretien du système informatique requiert la présence continue de techniciens. «Je m’occupe surtout de l’installation, des déploiements, des antivirus, des courriers électroniques et des mises à jour de logiciels», résume-t-il. La gestion des employés et les rendez-vous avec le client font également partie de son quotidien.
Jeune, Mathieu a privilégié l’informatique comme choix de carrière parce qu’il s’agit d’un domaine en mouvement où l’on doit faire preuve de logique. Son diplôme d’études collégiales en poche, CSC est devenu il y a trois ans son premier employeur. Il affirme que la dynamique de travail y est agréable, bien que la pression atteigne parfois des degrés élevés. «Les gens sont amicaux, fonctionnels et toujours prêts à aider.»
Quel que soit le milieu de travail, Mathieu croit que la patience est primordiale. «L’informatique est un domaine où il faut prévoir tous les problèmes possibles, qui se résolvent rarement en claquant des doigts.»
Enfin, avis à ceux qui souhaitent réussir dans le domaine des technologies : pour y arriver, il ne faut jamais, selon lui, «s’asseoir sur ses connaissances». Ambitieux, alors qu’il en est encore à ses débuts, Mathieu Pitre sait déjà qu’il bifurquera vers la gestion. En attendant sa chance, il continue toujours d’apprendre, soit par des cours à l’université ou en passant du temps à la maison devant son PC.
Bientôt une certification professionnelle
Une certification professionnelle sera bientôt nécessaire pour être reconnu comme informaticien. De plus en plus de programmes universitaires en informatique au Québec sont chapeautés par une accréditation professionnelle attribuée par le Bureau canadien d’accréditation des programmes en ingénierie (BCAPI). Dans un proche avenir, tous les programmes le seront. Cependant, les informaticiens n’ont toujours pas décidé de l’ordre professionnel qui les représentera. Deux options sont étudiées : joindre les rangs de l’Ordre des ingénieurs du Québec ou créer leur propre ordre professionnel.
(Source : Philippe Gabrini, directeur du Département d’informatique, Université du Québec à Montréal.)