L’univers des point-coms évoque un monde de glamour : locaux au design soigné, tables de billard et machines espresso… Mais les murs beiges et les séparateurs gris ne sont pas que dans les bureaux des fonctionnaires.

Les bureaux «branchés» de Dynagram, à Québec
Boulevard Pie-IX, au cœur du quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, s’activent les 60 employés d’Objectif Lune, une firme d’édition de logiciels d’impression. Les locaux, situés au dernier étage d’une ancienne fabrique de boîtes de conserve, offrent une superbe vue sur la métropole et le pont Jacques-Cartier.
L’entreprise a intégré au décor certains éléments de l’usine, comme le monte-charge, les colonnes et le sol en béton, qui a été stratifié, mais pour le reste, elle a fait peau neuve.
Le design est à l’honneur dans ce bureau à aire ouverte : murs en briques apparentes, mobilier ergonomique et appliques judicieusement disposées le long des corridors. «Le soir, quand elles sont allumées, on a l’impression d’être sur une piste d’atterrissage», explique Isabelle Descarries, directrice des ressources humaines dans cette entreprise.
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Le classicisme est aussi à l’honneur au Groupe CDGI, une entreprise de Belœil spécialisée dans la gestion de parcs informatiques. Installée dans une ancienne banque – le coffre-fort a été converti en salle des serveurs! –, la compagnie mise sur la sobriété. Poutres de bois, ambiance feutrée, bureaux vitrés et fermés, tout respire le sérieux et inspire confiance au client. «Ce côté traditionnel est une constante chez les entreprises pures et dures en informatique comme la nôtre», fait valoir Chantale Dubé, vice-présidente aux opérations.
Jean-François Dumais, directeur de projets des ressources humaines chez TechnoCompétences, le Comité sectoriel de main-d’œuvre en technologies de l’information et des communications, conclut pour sa part que ce n’est pas l’environnement et l’aménagement qui incitent un travailleur à rester dans une firme de TIC. «Ce sont plutôt les conditions de travail : salaire, avantages sociaux, flexibilité des horaires, accès à des technologies de pointe.»
À bon entendeur…
En bref
Au Québec, l’industrie des technologies de l’information et des communications compte 6 000 entreprises, aux tailles pour le moins variées. Le plus gros employeur est BCE, avec au-delà de 17 200 travailleurs.
«Environ 2 000 de ces compagnies emploient 5 personnes et plus, les 4 000 autres représentent de très petites entreprises et des travailleurs autonomes», précise Jean-François Dumais, directeur de projets des ressources humaines, chez TechnoCompétences, le Comité sectoriel de main-d’œuvre en technologies de l’information et des communications.
Elles œuvrent aussi dans des domaines hétéroclites, allant de la conception et du développement de systèmes informatiques, du service-conseil au soutien technique, en passant par la gestion d’infrastructures et de réseaux informatiques, la conception et le développement de logiciels et le jeu électronique.
Le secteur emploie 132 000 personnes, mais ce nombre passe à 185 000 quand on ajoute les postes liés à l’informatique dans les entreprises n’œuvrant pas directement dans le domaine.
De 2006 à 2010, TechnoCompétences estime qu’il faudra pourvoir 28 000 emplois : 75 % d’entre eux seront de nouveaux postes, alors que les autres serviront à remplacer les départs à la retraite. Le secteur recherche surtout des analystes, des chargés de projets, des consultants en informatique, des gestionnaires et des programmeurs.
«L’industrie connaît une excellente croissance de l’emploi, confirme Jean-François Dumais, en raison de la forte demande de services informatiques et du dynamisme du jeu vidéo.» Le secteur a rattrapé et même dépassé le taux des bonnes années, puisqu’en 2000, période faste s’il en était une, le domaine ne comptait alors que 158 000 emplois au total.