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Alors que la crise financière secoue l’économie mondiale et que le spectre d’une récession se profile à l’horizon, le vigoureux secteur des technologies de l’information s’en tire encore bien au Québec.

Depuis quelques mois, le sommeil des grands patrons des entreprises américaines du secteur des technologies de l’information et des communications (TIC) est peuplé de cauchemars.
Dans la tourmente boursière, les actions de géants comme Google et IBM ont perdu des plumes, et les pertes d’emplois se comptent par milliers. Au mois d’août 2008, on évaluait à 49 000 le nombre de postes coupés en informatique et en télécommunications chez nos voisins du sud. Le mois suivant, 3 400 personnes supplémentaires perdaient leur emploi dans ce domaine, et au début d’octobre, eBay annonçait la mise à pied de 1 000 employés.
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Au Québec, c’est la panique, ou presque, mais pas du tout pour les mêmes raisons… Pour André d’Orsonnens, président d’Alliance numérique, le réseau de l’industrie numérique du Québec qui rassemble 150 membres actifs dans le domaine du jeu électronique, de l’apprentissage en ligne, du service et des applications Internet, le manque de main-d’œuvre dans les entreprises de technologies de l’information et des communications est bien plus préoccupant que les turbulences des places financières mondiales. «Les carnets de commandes sont bien remplis et on se demande si les ressources humaines nécessaires seront disponibles.» «Il y a pénurie de ressources», confirme Nicole Martel, présidente-directrice générale de l’Association québécoise des technologies.
L’industrie québécoise des technologies de l’information et des communications vit quelques remous tout de même. BCE a licencié plus de 1 900 personnes au troisième trimestre de 2008.
Mais en contrepartie, les embauches se poursuivent. Vidéotron a annoncé en octobre que le déploiement de son réseau sans fil allait permettre la création de 1 000 nouveaux postes d’ici les 12 à 18 prochains mois, alors que Nordia – une entreprise de télécommunications qui gère des centres d’appels – souhaite recruter 1 400 personnes d’ici à la fin de 2009. De son côté, Ubisoft compte embaucher 1 000 employés de plus d’ici à 2013 à ses bureaux de Montréal et Québec.
Pour sa part, TECHNOCompétences, le Comité sectoriel de main-d’œuvre des technologies de l’information et des communications, estimait à la fin d’octobre que d’ici à 2011, un peu plus de 8 000 postes seront à pourvoir annuellement dans les TIC.
Malgré cette bonne nouvelle, l’organisme demeure prudent dans ses projections. «Nos prévisions s’appuient sur les perspectives économiques du mois d’août 2008. Au printemps 2009, elles seront révisées et nous en saurons davantage sur les répercussions de la crise financière», note Sylvie Gagnon, directrice générale de l’organisme.
À son avis, le secteur des TIC n’échappera pas à un certain ralentissement. «La croissance du secteur est largement tributaire de l’adoption par les entreprises et par le public des innovations technologiques, poursuit Sylvie Gagnon. Si les investissements sont plus difficiles à cause de conditions de crédit plus serrées et si la consommation est elle aussi mise à mal, le secteur sera forcément touché. Cependant, on ne parle pas d’un effondrement.»