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Des entreprises de TI embauchent malgré la crise (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 10 no. 1
janvier 2009

Des hauts et des bas

Sur le terrain, la prudence est de rigueur même si, jusqu’à présent, les indicateurs demeurent globalement positifs. «Les affaires n’ont pas baissé, au contraire», remarque Nicole Martel, de l’Association québécoise des technologies, qui regroupe environ 400 compagnies actives dans les TIC. «Nos membres développent des solutions d’affaires pour leurs clients, des entreprises. Or, dans un contexte de ralentissement économique, ces dernières doivent investir encore davantage dans les TIC pour demeurer compétitives sur le marché.»

Elle précise toutefois que d’ores et déjà, certains clients américains éprouvent des problèmes en raison de la limitation de l’accès au crédit, en particulier pour mettre sur pied des projets qui nécessitent d’importants investissements. «Nos membres sont vigilants et suivent la situation de près. Ils voient à développer d’autres marchés d’exportation, en dehors des États-Unis.»

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L’Europe et l’Asie sont dans leur mire, car moins touchées par la crise financière que les États-Unis.

Paradoxalement, la crise financière a aussi des effets bénéfiques pour certains : «Plusieurs compagnies affichent leurs grilles tarifaires en dollars américains, ajoute Nicole Martel, et la hausse de la valeur du huard leur a fait très mal. Elles ont vu leurs profits fondre de 20 %!» La baisse du dollar canadien, avec un huard volant à peine au-dessus des 80 cents américains à la mi-novembre, leur donne donc des raisons de se réjouir.

Le secteur du jeu épargné

Du côté de l’Alliance numérique, on soutient que pour le moment, la crise financière est «un sujet de discussion et non de préoccupation», selon les mots d’André d’Orsonnens. «En général, dans le contenu numérique interactif, les choses vont bien. À court terme, personne n’envisage de couper des postes», ajoute-t-il.

Il souligne d’ailleurs qu’en ce qui con­cerne strictement le secteur du jeu vidéo, ce dernier n’écope généralement pas en période de récession. «Dans le budget consacré au divertissement, ce n’est pas la première dépense à être supprimée, car les gens recentrent alors leurs activités chez eux.»

Ce que confirme Cédric Orvoine, directeur des communications chez Ubisoft, à Montréal. «Le jeu vidéo est une forme de divertissement rela­tivement abordable : une sortie au cinéma pour une famille de quatre peut facilement coûter 70 $, soit le même prix qu’un jeu, qui constitue une expérience de divertissement beaucoup plus durable dans le temps», explique-t-il.

Les entreprises liées à Internet pourraient même tirer leur épingle du jeu en période de récession.

L’inquiétude est donc limitée chez Ubisoft. «L’entreprise ne manque pas de liquidités et n’est pas dépendante du crédit», au dire de Cédric Orvoine. «Et si le crédit est limité, en revanche les taux de crédit baissent, ce qui est un élément positif», ajoute André d’Orsonnens. Autrement dit, s’il est plus difficile d’obtenir du financement des banques, il en coûte toutefois moins cher pour emprunter des fonds.

Tirer son épingle du jeu

Pour sa part, Yves Lapierre, vice-président équipe chez VDL2, une firme œuvrant dans le domaine du marketing Internet, estime que ce sont surtout les petites entreprises de TIC en émergence qui écopent en période de crise financière. «Le démarrage de ces entreprises, appelées start-up dans le métier, repose sur les fonds d’investissement, lesquels sont moins garnis actuellement. Elles pourraient donc accuser le coup. De notre côté, cela fait 15 ans que nous sommes dans les affaires, nous avons toujours été rentables et avons bâti un bon dossier», ce qui facilite donc l’accès au crédit lorsque le besoin s’en fait sentir.

Les entreprises liées à Internet pourraient même tirer leur épingle du jeu en période de récession. «De récentes études indiquent qu’aux États-Unis les budgets de marketing seront probablement déplacés des médias traditionnels vers le marketing interactif sur le Web», remarque Yves Lapierre.

En effet, Internet offre des outils qui mesurent au dollar près l’impact et le retour sur investissement des campagnes de publicité, ce qui n’est pas toujours le cas d’une annonce parue dans un journal ou diffusée à la télévision, par exemple. Avec la période d’austérité qui s’annonce, la nécessité de contrôler rigoureusement les dépenses pourrait finalement se révéler une véritable manne pour le Web!


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