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Cyberapprentissage et formation continue

Classes automates

Les technologies, c’est beau, mais le cyberapprentissage, c’est avant tout l’adhésion des individus à celles-ci. Et dans le domaine de l’éducation, il y a les profs, et les étudiants, et les jeunes, et les moins jeunes. Bienvenue dans un univers où chacun doit s’adapter.

par Judith Lussier


Magazine Jobboom
Vol. 10 no. 2
février 2009


«Les attentes envers l’e-learning ne se sont pas confirmées aussi rapidement qu’on l’anticipait», reconnaît le directeur général de la Société de formation à distance des commissions scolaires du Québec , Pierre Giguère. «Les gens qui utilisent nos cours en ligne sont très satisfaits et en veulent plus, mais ils sont encore peu nombreux.»

Parmi les facteurs d’inertie, l’âge des profs serait en cause. Au Québec, l’âge moyen des enseignants est de 50 ans. Ils n’auraient pas envie de s’investir dans l’apprentissage de nouvelles technologies. «Elles laissent la place aux jeunes, explique Pierre Giguère. Or, plusieurs enseignants sortent de l’université sans être formés à l’utilisation des technologies», déplore-t-il. «Le cycle d’absorption des nouvelles technologies est plus long dans le milieu de l’éducation que dans toutes les autres industries», observe Pierre Giguère. Les intervenants préféreraient utiliser des moyens qui ont fait leurs preuves et se concentrer sur l’objet de l’apprentissage plutôt que sur le processus.

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Pour Denys Lamontagne, président de Thot Cursus, «les professeurs réguliers perçoivent l’e-learning comme une menace à leur statut ou à leur façon de faire. C’est sûr que ça va changer, mais ce n’est pas une menace, ce n’est que de l’enrichissement.»

La génération sauveuse? Avec les nouvelles générations qui ont grandi dans la technologie, on s’attend à ce que le cyberapprentissage prenne de l’élan. «Pour mes enfants, la formation en ligne, c’est banal, estime Denys Lamontagne. Si on leur demandait de suivre un cours sur cinq à distance, ce serait normal.»

Dans le domaine privé, on fonde beaucoup d’espoir sur la facilité des nouveaux employés à utiliser l’ordinateur. «Compte tenu de la courbe démographique de notre main-d’œuvre, l’utilisation de l’e-learning devrait augmenter», croit en effet Carmen Comeau, du Mouvement Desjardins.

La directrice de la Société pour l’apprentissage à vie (SAVIE) et enseignante à la TÉLUQ, Louise Sauvé, ne partage pas totalement cet enthousiasme. Selon elle, on s’attend des 18-25 ans qu’ils maîtrisent parfaitement les nouvelles technologies alors qu’on ne les a jamais formés à le faire. «Les jeunes étudiants sont très à l’aise avec le Web, le clavardage, les courriels, les outils de communication comme MSN ou Skype et les forums, mais ils n’ont jamais utilisé de logiciels de traitement de texte, de chiffriers électroniques ou de logiciels de présentation multimédia», explique-t-elle.

Une étude de la SAVIE démontre que les étudiants de cette génération peuvent investir jusqu’à 80 heures pour acquérir des compétences technologiques dans leur première session d’études postsecondaires. Le jour où l’on sera tous rivés en permanence à la machine pour apprendre n’est donc pas tout à fait arrivé.


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