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Assis dans son bureau, un médecin vérifie les signes vitaux d’un patient qui dort paisiblement dans son propre lit, à la maison. Science-fiction? Pas du tout : des informaticiens travaillent déjà à concevoir et implanter ce type de technologie, que l’on appelle télésanté.

Évanoui, vous êtes transporté d’urgence à l’hôpital, mais personne n’est là pour mentionner au personnel que vous êtes diabétique. Heureusement, le médecin consulte votre dossier patient électronique, qui contient toute votre histoire médicale. Le futur des soins de santé est à portée de clics. D’ailleurs, certains établissements canadiens ont déjà accès à ce genre de dossier patient électronique alors que d’autres ont recours à la télésanté.
Dans le réseau de la santé, l’information médicale est éparpillée dans différents dossiers personnels de santé et entre les établissements. Les dossiers de santé électroniques visent à donner accès à toute l’information d’un patient à partir d’un seul point d’entrée.
Pour en arriver à cela, il faudra relier entre eux les 700 hôpitaux canadiens. Le projet est aussi titanesque que complexe. C’est le rôle du Dossier santé électronique (DSE) et de sa déclinaison québécoise, le DSQ (Dossier santé du Québec). Lancé au printemps 2006, le DSQ est en cours d’implantation et coûtera plus de 560 millions de dollars. La livraison, qui devait être effective en juin 2011, a été repoussée à une date indéterminée, le projet étant plus complexe que prévu. Au bout du compte, le DSQ devrait être accessible à au moins 37 000 professionnels de la santé.
«Qu’est-ce que la santé, si ce n’est de l’information qu’il faut traiter et échanger», affirme Rita Noumeir, professeure au Département de génie électrique à l’École de technologie supérieure et auteure de l’architecture informatique qui permet les échanges d’images médicales entre établissements de santé canadiens.
«La technologie est là pour optimiser les processus de santé. Ils permettent d’avoir la bonne information au bon moment, et contribuent à une meilleure prise de décision», souligne-t-elle. Et en plus, c’est rentable : par exemple, la numérisation des radiologies au Canada devrait permettre d’économiser un milliard de dollars en coûts et en gains de rendement annuels selon l’Inforoute Santé du Canada, organisme qui gère le déploiement des dossiers de santé électroniques au pays. En effet, la numérisation permet, par exemple, la transmission de rapports à distance, ce qui diminue le nombre de transferts de patients.
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Gain de temps, gestion plus efficace, meilleure communication entre les services : les avantages de ces technologies sont multiples. Mais au-delà de cela, les TIC sont aussi un levier pour permettre d’en faire plus avec les mêmes ressources.
«On espère que les technologies médicales vont contribuer à soulager un système sous pression, constamment en recherche d’amélioration et d’optimisation», explique Diane Côté, vice-présidente de l’Association de l’industrie des technologies de la santé (MEDEC-AITS).
Car les défis s’accumulent, qu’il s’agisse du vieillissement de la population qui accroît la demande de soins, ou de l’augmentation des maladies chroniques. Pour Mme Côté, «c’est un domaine où les innovations permettent d’améliorer la prestation de soins, la qualité de vie et même la sécurité du patient». Une véritable aubaine en cette période où l’on cherche à optimiser les ressources!
Pour Rita Noumeir, «on est encore au début d’un grand boum qui devrait être durable. Les occasions d’emploi sont énormes, que ce soit dans l’industrie ou le réseau public de la santé.»
Les experts s’entendent d’ailleurs pour dire que ce secteur générera des milliers d’emplois au cours des prochaines années. Une foule de professionnels seront en effet nécessaires pour mettre en place les TIC et pour en assurer la maintenance. Car plus que tout autre secteur, la santé ne peut interrompre le service… Seront recherchés tout particulièrement des chargés de projet au sein d’hôpitaux, des professionnels de la sécurité informatique, des développeurs, par exemple.
Pour Martin Blouin, chef des opérations tests de logiciels au Centre de recherche appliquée en technologies de l’information, «il y a beaucoup de similitudes avec les besoins des réseaux en télécommunications, mais en y ajoutant une composante santé. Les architectes de réseau et les programmeurs devront donc maîtriser certaines normes relatives à la santé. D’autant plus qu’elles sont exigées dans la plupart des appels d’offres de ces projets.»
«Pour travailler dans ce domaine, il faut avoir des connaissances en TIC et posséder une compréhension fine de l’ensemble des processus de la santé. Par exemple, de quelle façon les informations y circulent, comment elles sont interprétées et par qui, etc.», précise Rita Noumeir.
Les spécialistes en sécurité informatique pourraient ainsi être très demandés au cours des prochaines années, notamment ceux ayant une connaissance du réseau de la santé. La sécurité des informations médicales personnelles est en effet l’un des enjeux les plus importants des dossiers de santé électro-niques. D’autant plus qu’il appartient à chaque hôpital de veiller à la sécurité de ses données.
Ce sont donc des travailleurs hybrides, possédant à la fois des compétences en TIC et en santé, qui pourront trouver des emplois dans ce secteur. On peut penser, par exemple, à des professionnels de la santé allant chercher de la formation en TIC, ou encore à des spécialistes des TIC habitués à travailler sur des projets dans le domaine de la santé. «Ils auront la chance de travailler à améliorer les soins des patients, tout en œuvrant dans un domaine à la fine pointe de l’innovation technologique», conclut Diane Côté.
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