Partout au Canada, le tourisme figure parmi les activités qui créent le plus d’emplois en milieu rural. Ici, malgré parures et pirouettes, nos régions peinent toujours à séduire les voyageurs et à tirer gagne-pain de leur passage. Le tourisme peut-il soutenir l’économie de nos campagnes? Si le marketing est aussi bon que la marchandise, peut-être bien que oui.

Ce n’est plus un secret : bon nombre de régions du Québec éprouvent de sérieuses difficultés économiques. Et souvent, quand les ressources qui faisaient autrefois la fortune de ces coins de pays se tarissent, la réponse des élus à ces misères se résume à ceci : développons le tourisme!
Est-ce la bonne solution? Oui, si on en croit une étude de Statistique Canada dévoilée en janvier dernier. Au pays, le tourisme est devenu un important levier de développement pour les régions périphériques et les milieux ruraux. Entre 1996 et 2003, dans la campagne du Nouveau-Brunswick, la création d’emplois touristiques a été trois fois plus importante que celle de l’ensemble des secteurs d’emploi. En Colombie-Britannique, c’est quatre fois plus.
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D’un océan à l’autre, c’est la même chanson, sauf au Québec et en Alberta, où l’essor des emplois touristiques n’est pas au rendez-vous loin des grandes villes. Au Québec, entre 1996 et 2003, les emplois spécifiquement liés au tourisme dans les régions rurales ont crû d’un maigre 8 %, comparativement à 10 % de croissance de l’emploi total. L’Alberta fait pire, avec une augmentation de 9 % des emplois touristiques dans ses milieux ruraux, contre 14 % pour l’ensemble des emplois.
Pourtant, les régions du Québec ont d’importants atouts touristiques, que ce soit le fjord du Saguenay, les Chics-Chocs ou la méconnue mais fabuleuse rivière Magpie sur la Côte-Nord.
Alors, qu’est-ce qui cloche? Une piste d’explication : les régions lanceraient trop d’appâts en même temps. Entre la Montérégie, «pays du Survenant», et Laval, «capitale de l’horticulture», le touriste ne sait plus où donner de la tête et au bout du compte, ne mord plus. Ainsi, la promotion touristique et les efforts de développement d’infrastructures manqueraient de cohésion. «Le touriste ne fait pas de distinction entre une région et une autre, il vient vivre une expérience. Il faut réunir les régions pour créer une image de marque du Québec», analyse Michel Archambault, titulaire de la Chaire de Tourisme de l’École des Sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal.
De son côté, l’ancien ministère du Tourisme du Québec — aboli lors du remaniement ministériel de février dernier et intégré en tant que division du nouveau ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation — semblait être d’accord qu’un certain époussetage était devenu essentiel. L’an dernier, il avait réuni les acteurs du secteur (associations touristiques régionales, Tourisme Montréal, Tourisme Québec, etc.) autour d’une «table de concertation» et leurs réflexions ont récemment abouti.
Ainsi, Tourisme Québec, l’agence promotionnelle de la province, annoncera ce printemps que pour sa promotion, le Québec misera dorénavant non plus sur 21 régions touristiques, mais sur quatre grands axes : le Québec des grandes villes, le Québec du Saint-Laurent et de ses affluents, le Québec de la villégiature et de l’aventure douce, et le Québec grande nature.