Pour contrer le tourisme de masse et ses ravages sur la nature, l’industrie touristique prend peu à peu un virage vert. L’écotourisme propose une autre façon de voyager qui profite à l’environnement et à l’économie.

Photo : Mathieu Dupuis ©Sépaq
L’écotourisme est apparu au cours des dernières années en réponse au tourisme de masse qui dévaste des sites naturels. «Depuis les années 1990, on réalise l’ampleur des dégâts que cause le tourisme sur l’environnement et les populations», plaide Anne Vigna, présidente d’EchoWay, un organisme international qui informe et sensibilise les voyageurs au tourisme écologique. «Quand un investisseur repère une plage, une forêt ou une cascade, la communauté locale a de quoi s’inquiéter; son milieu naturel et social risque d’être chamboulé.»
Elle cite l’exemple de l’entreprise espagnole Fadesa qui a construit un hôtel de luxe il y a environ deux ans sur une plage du Maroc. Elle a arraché des milliers d’arbres, de même que détruit les dunes de sable et le couvert végétal qui stabilisait la zone.
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«L’écotourisme va à l’opposé du tourisme où les visiteurs n’ont pas d’égards pour les gens et le milieu qui les accueillent», dit Roch Anctil, président d’ENF Canada, un grossiste spécialisé en voyages d’aventure et d’écotourisme. Il donne pour exemple le voyagiste péruvien Explorandes.
«Cette compagnie offre un séjour au lac Titicaca, au Pérou. Elle déplorait autrefois le manque d’hébergements et d’activités sur place. Au lieu de s’implanter sauvagement, elle a aidé la communauté locale à construire un hôtel et à développer une entreprise de kayak de mer. La nouvelle entité est gérée conjointement par le voyagiste et la communauté locale.»
Partout dans le monde, les initiatives se multiplient pour réduire les effets du tourisme sur l’environnement. Pendant que les hôtels misent sur la récupération et les économies d’énergie (par exemple les draps et serviettes ne sont plus systématiquement lavés tous les jours), plusieurs compagnies aériennes réduisent leur consommation de carburant. L’industrie du tourisme et du plein air est aussi de plus en plus verte. La coopérative Mountain Equipment Co-op, par exemple, remet 1 % de son chiffre d’affaires à des organismes environnementaux, soit deux millions de dollars pour 2007.
Au Québec, l’écotourisme gagne du terrain. Le gouvernement et l’industrie se sont entendus pour en définir les principes. Ils reconnaissent qu’une activité écotouristique doit se dérouler en pleine nature, miser sur la découverte et l’interprétation du milieu naturel avec le souci d’en préserver l’intégrité. Elle doit aussi comprendre un volet de sensibilisation à la protection de l’environnement et générer des retombées économiques locales.
Des formations liées à l’écotourisme
• DEC Techniques du tourisme d’aventure, Cégep de la Gaspésie et des Îles
• DEC Techniques de milieu naturel (spécialisation : aménagement et interprétation du patrimoine), Cégep de Saint-Félicien
• AEC Guide en tourisme d’aventure, Cégep de Saint-Laurent
• AEC Tourisme d'aventure et écotourisme, Collège Mérici
• AEC Guide d'aventure, Groupe Collegia, Cégep de la Gaspésie et des Îles
• AEC Éco-interprète, Groupe Collegia, Cégep de la Gaspésie et des Îles
• Baccalauréat Plein air et tourisme d’aventure, Université du Québec à Chicoutimi
Sources : Inforoute de la formation professionnelle et technique et personnes interviewées.