Tout entrepreneur le dit : un service de messagerie efficace, ça n’a pas de prix. Pour que lettres et colis arrivent à bon port, il faut beaucoup d’organisation. Un jeu auquel excellent les messagers, petits ou grands.

Vous souvenez-vous de la dernière lettre que vous avez postée? Depuis l’avènement du courriel, des logiciels de messagerie instantanée et des appels internationaux à bas prix, la besace du facteur contient de moins en moins de lettres personnelles.
Certains clients qui faisaient beaucoup appel aux services des messagers ont aussi ralenti la cadence. «C’est sûr que le courriel a affecté notre business», confie Claude Vaillancourt, président de Courriertel, une entreprise de messagerie montréalaise. Il donne en exemple les documents officiels des notaires et des avocats. «Avant, ces documents pouvaient transiter quatre ou cinq fois avant la signature finale. Aujourd’hui, le processus d’approbation se fait par courriel et nous transportons le document seulement lorsqu’il est prêt à être signé.»
Pourtant, l’industrie de la poste et de la messagerie se porte bien, affirme Jacques Roy, professeur spécialisé en gestion du transport et de la chaîne logistique à HEC Montréal. L’envoi de courrier papier se maintient grâce, notamment, aux nombreux comptes de téléphone ou de cartes de crédit envoyés chaque mois. Dans son rapport annuel 2005, Postes Canada affirmait que si les consommateurs apprécient les relevés virtuels, ils ne sont toutefois pas prêts à laisser tomber la version papier. De son côté, l’industrie de la messagerie continue de croître grâce au transport des colis d’entreprises.
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Comme on l’a vu dans le film Cast Away, dans lequel Tom Hanks survit sur une île déserte où viennent s’échouer des colis FedEx, ceux-ci peuvent contenir tout et n’importe quoi. Les avions des grands groupes de messagerie transportent autant des produits périssables, comme le homard pêché en Amérique du Nord, que des objets de valeur, comme des pièces électroniques. «C’est plus rapide que le camion ou le bateau, ce qui réduit les pertes de produits périssables», explique Jacques Roy. Dans le cas des objets précieux, la rapidité du transport aérien permet aux entreprises d’encaisser plus rapidement leurs profits, poursuit le professeur.
L’avion est si pratique que des entreprises comme UPS et FedEx se sont dotées de leur propre ligne aérienne. Ainsi, pour organiser efficacement la livraison de produits en Amérique du Nord, UPS a aménagé son centre de distribution principal à Louisville, au Kentucky. L’entreprise y fait transiter par avion tous les produits avant de les expédier aux quatre coins du continent.
Avec leurs aéronefs, les grands messagers dominent le marché. Et la tendance est à la concentration des entreprises existantes, explique Jacques Roy. «Notre stratégie passe par l’acquisition d’entreprises de messagerie locales pour étendre notre marché. Ça nous permet d’offrir un service mondial», confirme Igino Nardella, directeur des ressources humaines chez UPS pour le Québec et le Nouveau-Brunswick.
Les grands groupes de messagerie orientent la majeure partie de leurs activités vers l’approvisionnement des entreprises. Par exemple, chaque jour, le fabricant d’ordinateurs Dell a besoin de trois avions pour rapatrier ses pièces électroniques en provenance de la Chine. Wal-Mart, pour sa part, fait appel à DHL, une entreprise de poste allemande, pour organiser la distribution de ses produits au Canada. «Mondialisation oblige, les produits sont souvent fabriqués loin de l’endroit où ils seront vendus, dit Jacques Roy. Les entreprises ont donc besoin d’assurer le transport de ce matériel.»
Chez UPS, les besoins de main-d’œuvre se font surtout sentir dans les centres d’appels, dit Igino Nardella. Depuis que la majorité des commandes de livraison se font au moyen d’Internet, les préposés au service à la clientèle répondent surtout aux questions des clients. «Ils règlent les problèmes techniques, comme ceux relatifs au transport transfrontalier», explique Igino Nardella. UPS ne prévoit pas manquer de main-d’œuvre à court terme, mais embauche de façon continue en raison de son expansion et de son taux de roulement. Sur 3 000 employés au pays, l’entreprise en a recruté de 800 à 900 en 2005.