Une année de croissance moyenne. C’est ainsi que des économistes issus d’horizons différents entrevoient les mois à venir. Malgré un dollar prétentieux et la lente remontée des taux d’intérêt, 2005 s’annonce décente sur le plan de l’emploi et de l’économie.

Aux États-Unis, les investissements dans la machinerie et l’équipement augmentent de 10 à 15 % présentement, entre autres parce que les produits informatiques installés en prévision du bogue de l’an 2000 arrivent maintenant à la fin de leur durée de vie. Ça va sûrement encourager le Québec à exporter des produits vers les États-Unis en 2005, tels du matériel de télécommunication, de la machinerie industrielle et du matériel de bureau.
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Il est évident que cette prévision de reprise dans le secteur manufacturier est risquée, étant donné le ralentissement dans l’industrie aérospatiale : Bombardier, par exemple, a supprimé des postes à la fin de 2004 et réduit sa cadence de production. Mais il faut dire que d’autres secteurs de l’économie québécoise se portent bien, comme la haute technologie. Quant au prix du pétrole, qui représente aussi un risque pour les exportations à cause des coûts supplémentaires qu’exige le transport des marchandises, il devrait redescendre sous les 40 $US le baril au courant de 2005.
Dans le secteur de la construction résidentielle, on pense que le sommet a été atteint. L’augmentation des taux d’intérêt qui a débuté en 2004 freinera la demande de ce côté. On a eu environ 55 600 mises en chantier au Québec dans le secteur résidentiel en 2004; ce nombre devrait descendre à quelque 43 000 en 2005. C’est une chute de 23 %, mais ce n’est pas négatif, car à ce niveau, ça demeure une bonne année dans le domaine. De toute façon, l’activité dans le secteur non résidentiel devrait compenser ce ralentissement. Plusieurs grands chantiers contribueront à l’emploi cette année, dont trois projets de centrales d’Hydro-Québec, l’aluminerie Alouette à Sept-Îles et l’agrandissement de l’aéroport Pierre-Elliot-Trudeau à Montréal.
Du côté des services, on prévoit une croissance de l’emploi de 1,6 % en 2005 au Québec, par rapport à 2,8 % en 2004. Même si ça ralentit, c’est très bon! Les ventes au détail devraient rester vigoureuses. Ça s’explique notamment par la création d’emplois, qui donne un coup de pouce à la consommation, mais aussi à certaines mesures gouvernementales comme l’aide à la famille et l’aide aux petits salariés. Les revenus disponibles des Québécois augmenteront d’environ 4 % en 2005, c’est beaucoup.
Création d’emplois : Il devrait y avoir grosso modo le même nombre d’emplois créés en 2005 qu’en 2004, soit environ 59 000. C’est un chiffre conservateur : ça pourrait même être davantage.
Taux de chômage : Avec une bonne création d’emplois et autant de Québécois sur le marché du travail, le taux de chômage au Québec continuera de tourner autour de 8 %.
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L’année 2004 s’est terminée en force sur le plan de l’emploi et de l’économie, et ça devrait se poursuivre cette année. À partir du deuxième trimestre de l’année dernière, tous les secteurs d’exportation canadiens se sont mis à bouger en même temps, un bon signe pour ce qui nous attend en 2005. L’économie mondiale continue d’être en expansion; on peut donc s’attendre à de bonnes performances du côté des exportations en 2005. Je pense que l’aérospatiale reprendra un peu de vigueur en 2005, tout comme le secteur de l’hébergement et de la restauration, qui lui aussi a enregistré des pertes d’emplois en 2004.
Les mises en chantier, par contre, devraient diminuer. À la fin de 2004, dans la construction résidentielle, le nombre de mises en chantier est stratosphérique (presque 56 000, un record absolu)! Ça va probablement revenir un peu plus à la normale en 2005.
Aucun secteur d’activité ne devrait se démarquer par rapport aux autres. Celui du textile et du vêtement sera toutefois intéressant à observer, puisqu’il voit s’évanouir les derniers quotas sur l’importation de produits du textile en janvier [en vertu de l’Accord multifibre, signé par les pays membres de l’Organisation mondiale du commerce]. On s’attend à ce qu’il y ait des pertes d’emplois dans un premier temps, puis que l’industrie se réaligne et se dynamise de nouveau.
Montréal et ses couronnes, en particulier les Laurentides et Lanaudière, seront les régions les plus dynamiques sur le plan de l’emploi et de l’économie. La plupart des autres régions s’en tireront bien aussi, mais sans briller de manière particulière. Par contre, une région est actuellement dans une situation dramatique : la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, qui a perdu environ 13 % de ses emplois en 2004. Malheureusement, cette dégringolade risque de se poursuivre, car les petites entreprises manufacturières dans les régions éloignées sont particulièrement vulnérables à la concurrence internationale.
Création d’emplois : Si effectivement la croissance économique se poursuit sur une lancée semblable à celle de 2004, on devrait atteindre autour de 70 000 nouveaux emplois en 2005.
Taux de chômage : Le taux de chômage moyen sera d’environ 8,5 % pour 2005. Il y a eu une poussée du taux d’activité à la fin de 2003, c’est-à-dire que beaucoup de gens sont entrés sur le marché du travail, mais il a diminué tout au long de 2004 pour s’établir autour de 66 %. Il devrait se stabiliser à ce seuil, ce qui stabilisera aussi le taux de chômage, si l’emploi progresse de façon modérée.