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Tendances
Mieux-être au travail

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Certaines entreprises offrent à leurs employés des bénéfices qui ressemblent à des forfaits de clubs Med ou de croisières cinq étoiles! En redéfinissant le mieux-être au travail, elles contribuent à attirer et à retenir des travailleurs équilibrés. Mais la bonne volonté ne suffit pas.

par Nicolas Demers


Magazine Jobboom
Vol. 5 no. 9 octobre 2004


Les employés du siège social de l’entreprise pharmaceutique Pfizer Canada, à Kirkland, ont accès à un centre de conditionnement physique supervisé par le YMCA, à des cours de yoga et d’aérobie ainsi qu’à un pharmacien et à un médecin. Du côté des repas, le chef leur concocte au quotidien des menus santé ou allégés dont la note est en partie payée par le patron. À ces petits luxes s’ajoutent une garderie, un service de nettoyage à sec et un valet de stationnement.

Ce n’est pas tout : Pfizer permet aussi à ses employés de réduire leur temps de travail pendant l’été et d’étirer un congé de maternité jusqu’à 18 mois... avec plein salaire. Pas étonnant qu’en 2003-2004, la société pharmaceutique se soit classée parmi les meilleurs employeurs canadiens dans deux palmarès différents. Et elle n’est pas la seule : Novartis Pharma Canada, Cascades, Groupe CGI, La Capitale, Merck Frosst Canada, Adacel et CAE ne sont que quelques-unes des autres entreprises québécoises qui ont recueilli des honneurs semblables depuis deux ans.

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De plus en plus d’entreprises traitent leurs employés aux petits oignons en leur offrant une kyrielle de services orientés sur le «mieux-être», outre les avantages sociaux traditionnels tels les vacances ou les régimes de retraite.. Elles ne se contentent plus simplement de placer un comptoir à expresso, une table de billard ou un canapé confortable à côté des ordinateurs : les employeurs qui chouchoutent leurs employés leur proposent désormais... du temps. Des services d’entretien automobile jusqu’à la possibilité de rapporter chez soi des plats préparés sur place, les programmes à la mode visent à faciliter la vie des travailleurs. Et à l’ère de la conciliation travail-famille, ça pogne!

Évidemment, les employeurs y gagnent aussi. Chez Pfizer, les petits à-côtés du patron contribuent à diminuer les cas d’invalidité et l’absentéisme en plus de retenir les employés, explique le vice-président, Ressources humaines, Luc St-Pierre. «Les investissements dans des programmes de mieux-être sont payants à long terme. Ce n’est pas ce qui retiendra les employés, mais ça contribue à les maintenir en santé. D’autant plus que comme société pharmaceutique, on doit montrer l’exemple.»

Mais il n’y a vraisemblablement pas que les entreprises pharmaceutiques qui traitent leurs employés avec égards. À Montréal, le programme de mieux-être d’un géant des communications sans fil, Ericsson, est loin d’être piqué des vers : salles de conditionnement physique, cours de conditionnement Pilates et de yoga, cliniques sportives, massages sur chaise, conférences portant sur la santé...

Sans compter les autres avantages qui s’apparentent pour l’essentiel à ceux de Pfizer, comme des repas subventionnés et la présence d’un service de nettoyage à sec.

Un tel programme est une dépense minuscule en comparaison des bénéfices sur la santé (et le rendement) des 2 000 employés de la boîte, estime Peter Buddo, vice-président aux ressources humaines. Pourtant, le taux d’absentéisme est resté stable depuis l’implantation de son programme de mieux-être, en 1999. «Mais le taux de roulement du personnel s’est amélioré par rapport à d’autres entreprises de notre secteur d’activité et, surtout, nos employés sont très satisfaits du programme de mieux-être.» En 2003, la moitié des employés ont participé aux activités physiques et sportives, soit une augmentation de 12 % par rapport à l’année 2002.

Plus heureux?

Outre les services pratiques qui permettent de gagner du temps, l’activité physique, l’ergonomie, la gestion du stress, la saine nutrition, la prévention du cancer et des maladies cardiovasculaires figurent aussi au menu des programmes de santé et de mieux-être nouveau genre.

Selon une étude réalisée en 2002 par le Conference Board du Canada, la promotion de la santé dans une entreprise peut s’exprime par des niveaux plus élevés de productivité, d’engagement et de rétention, ce qui se traduit aussi par des économies pour l’employeur. Mais avant de remettre votre démission pour joindre les rangs de l’entreprise idéale, sachez qu’il existe peu de statistiques qui prouvent l’efficacité des initiatives de mieux-être sur la santé, la satisfaction et la productivité des travailleurs qui en bénéficient.

«Les effets de ces initiatives n’ont été que très peu mesurés au Canada», observe Guy Ménard, vice-président principal chez Olympe, une entreprise montréalaise spécialisée en ressources humaines, particulièrement en ce qui a trait aux programmes de mieux-être et de santé en entreprise. En fait, la définition du concept de «mieux-être» varie selon les milieux de travail, explique-t-il. «Certains employeurs se limitent à associer le mieux-être aux approches non traditionnelles de la médecine (chiropractie, acupuncture, etc.), mais il s’agit plutôt d’une approche globale visant à instaurer de meilleures habitudes de vie en général.»


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