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Tendances

Bons jusqu'à la dernière goutte (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 5 no. 4 avril 2004

À Charlevoix, cependant, on n’a pas attendu que tout le personnel devienne lui-même client de l’établissement. «On a cessé de voir les problèmes de stress au travail comme des cas individuels, poursuit l’ex-directeur. On a arrêté de se demander pourquoi une telle ou une autre personne avait sombré. Ça ne nous regardait pas si l’échec de son couple était une source principale de son stress… Et, oui, il y a des gens plus faibles psychologiquement, et puis après? On s’est plutôt demandé pourquoi il y avait tant de malades chez nous.»

Après quelques séances en focus group, l’organisation complète du travail était remise en cause. La direction du CLSC et ses employés ont procédé à la clarification des tâches des employés et à l’appui immédiat au personnel surchargé par la lourdeur des dossiers. De plus, la direction s’est adjoint un nouveau cadre.

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Et ça s’est révélé suffisant! Moins d’un an après la mise en application des mesures d’urgence, les congés liés aux problèmes de santé mentale ont diminué de 90 %.

Aujourd’hui, tous ces gains sont cependant remis en question. Le CLSC a fusionné avec le centre hospitalier de Baie-Saint-Paul en 2003. «On demande une fois de plus au personnel de se soucier des structures administratives de l’établissement, tout en poursuivant sa mission première, qui est de rendre des services à la population. La charge de travail augmente encore», se désole Jean-François Mellon.

Le coût du citron

Jean-Pierre Brun estime que l’augmentation de l’intensité du travail n’est pas une économie, ni pour les entreprises ni pour le pays. Une proportion d’environ 6 % de la masse salariale doit être consacrée aux problèmes liés au stress au travail. Ça va jusqu’à 20 %, si on tient compte des coûts indirects relatifs à la perte de productivité, au remplacement d’effectif et aux heures supplémentaires. À cela, il faut ajouter la facture des coûts de santé des systèmes public et privé.

«La santé mentale au travail est devenue une industrie à elle seule, poursuit Jean-Pierre Brun. Chez nos voisins du Sud, les coûts associés à ce fléau sont évalués à plus de 150 milliards de dollars.»

«Une entreprise peut obtenir d’excellents résultats en demandant à ses employés de travailler 70 heures par semaine, avance Angelo Soares. Mais ça ne marche qu’à court terme. Un tel rythme est humainement impossible à suivre sur une plus longue période. Ça devient carrément contre-productif.»

«Si nous ne mettons pas fin à un tel rythme de fou, nous nous dirigeons tout droit vers une catastrophe», prédit John de Graaf. Comme une pénurie de citrons?


Êtes-vous un citron pressé?

Devez-vous apporter du travail à la maison pour respecter vos échéances?

Êtes-vous constamment préoccupé par la tâche à accomplir et la peur de ne pas y arriver?

Avez-vous le sentiment de ne plus être compétent alors que vous aviez le sentiment de l’être auparavant?

Avez-vous perdu le plaisir de travailler?

Est-ce que l’idée de ne plus travailler vous traverse souvent l’esprit?

Êtes-vous constamment fatigué?

Avez-vous la nette impression que les demandes de vos supérieurs sont irréalistes?

Est-ce que le concept d’équilibre famille-travail vous semble quasi inaccessible?

Est-ce que votre travail a pris la forme d’un sprint olympique?

Si vous avez répondu par l’affirmative à la majorité des énoncés qui précèdent, vous vivez peut-être une situation de «presse-citron». Prenez connaissance des conseils à l'article «RIEN NE SERT DE COURIR...» pour obtenir des pistes de solutions.


guide de survie


Si vous gaffiez devant vos collègues et patrons, comment réagiriez-vous?








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