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Tendances
Palmarès des meilleurs employeurs

C’est bien meilleur le gratin

Quand on sait qu’ils classent McDonald’s et Wal-Mart parmi l’élite, on comprend que les palmarès des meilleurs employeurs soulèvent la méfiance. Les travailleurs peuvent-ils s’y fier?

Par Anick Perreault-Labelle
Illustration : Vincent, colagene.com


Magazine Jobboom
Vol. 7 no. 8 septembre 2006


Voilà une information qui a de quoi étonner : McDonald’s et Wal-Mart figurent parmi les meilleurs endroits où travailler au pays. Ces deux grands ennemis des altermondialistes, des syndicalistes et autres activistes sociaux sont bel et bien du côté des bons employeurs, et non des mauvais.

Qui dit ça? C’est la multinationale Hewitt, firme de consultants en gestion des ressources humaines, dans son palmarès 2006 des Employeurs de choix au Canada. Publié dans le magazine Report on Business du Globe and Mail – source d’information crédible dans le milieu des affaires –, ce classement place respectivement aux 21e et 38e rangs les filiales canadiennes de ces géants de la restauration rapide et du commerce de détail.

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Ce Top 50 n’est qu’un des nombreux palmarès des meilleurs employeurs publiés chaque année au Canada. Ces outils d’information sont à la disposition des travailleurs depuis à peine six ans et soulèvent méfiance et scepticisme chez certains.

Or, même si la méthodologie utilisée par les auteurs de ces «Top ceci» ou «Top cela» n’est pas sans tache, elle se doit tout de même d’être solide. Sa grande qualité? Elle s’appuie essentiellement sur les réponses des employés. «C’est essentiel : la meilleure politique de ressources humaines ne vaut pas grand-chose si elle n’est pas appliquée, si les travailleurs n’en ont jamais entendu parler ou ne l’apprécient qu’à moitié», explique Daniel Drolet, coordonnateur pour le Québec du palmarès Employeurs de choix de Hewitt.

Ces sondages, par ailleurs, questionnent l’ensemble des employés, c’est-à-dire autant les commis aux livraisons que les ouvriers, les secrétaires et les gestionnaires, et ce, qu’ils soient syndiqués ou non. C’est du moins le cas pour les palmarès annuels Employeurs de choix de Hewitt, le Défi Meilleurs Employeurs de Watson Wyatt, publié dans Affaires Plus, ainsi que le Top 30 canadien Great Places to Work, réalisé par le cabinet-conseil du même nom et qui paraît dans Canadian Business. Enfin, tous ces sondages exigent de chaque entreprise qu’un pourcentage minimum d’employés, établi selon sa taille, y participe.

Le Canada’s Top 100 Employers, de l’éditeur Mediacorp Canada, sort un peu du lot : en 2007, pour sa sixième édition, il interrogera pour la première fois les employés, en plus… des membres de la direction.

Plus que du marketing

Certains employeurs cités dans l’un ou l’autre de ces classements, n’ont pas la retenue facile! Ils affichent leur bon résultat à ces sondages dans leurs établissements, émettent des communiqués à ce sujet ou impriment le logo du palmarès en question dans presque toute leur documentation. Et ils adorent en parler aux médias!

Pures opérations de marketing? Pas nécessairement. «Le travail chez McDonald’s ne convient pas à tout le monde, pas plus qu’un poste dans un hôpital ou un magasin. Mais on peut faire une belle carrière chez nous : notre actuel directeur général, Jim Skinner, a commencé dans l’équipe d’un de nos restaurants, rappelle Ron Christianson, porte-parole chez McDonald’s Canada. Et n’importe lequel de nos employés qui rencontre une difficulté peut en parler avec son supérieur.»

Au 23e rang du même Top 50, on trouve Ultramar. «Chaque année, tous les employés rencontrent au moins une fois le président de la compagnie, à l’occasion d’un déjeuner d’environ une heure et demie. Il y a 15 ou 20 personnes en tout, mais aucun superviseur ni autre membre de la direction n’y est présent. Le président leur donne de l’information sur les objectifs de l’entreprise, mais la rencontre lui sert essentiellement à leur poser des questions. Il veut savoir comment ça se passe dans leur service et quels moyens on pourrait prendre pour y améliorer les façons de faire», explique Louis Forget, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de la compagnie pétrolière. Alors? Cette compagnie a un taux de roulement presque quatre fois plus faible que l’ensemble de son secteur, a calculé l’Enquête sur le milieu de travail et les employés de 2003 de Statistique Canada.

Bien que le Top 100 de Mediacorp ne questionne que la direction, les conditions de travail des entreprises retenues ne semblent pas piquées des vers. Par exemple, Cascades, la GRC, Rogers Communications et Chemin de fer Canadien Pacifique offrent toutes une aide financière à la formation, des congés sans solde et, dans les locaux de leur siège social, une salle d’exercice accessible à tous. L’ensemble des 100 lauréats a aussi des assurances maladie béton et offre en moyenne trois semaines de vacances dès la première année d’emploi, selon l’éditeur Richard W. Yerema. «En deux mots, le Top 100 est un catalogue des meilleures pratiques en ressources humaines qu’on trouve dans les entreprises canadiennes.»

Par ailleurs, ces nombreuses enquêtes ne favoriseraient pas les grandes entreprises plus que les petites. Les 100 lauréats de Mediacorp, par exemple, emploient de 18 à… 24 000 personnes! «Les grosses firmes peuvent offrir plus facilement des programmes et avantages, grâce à leurs ressources financières et aux économies d’échelle dont elles bénéficient. Mais, dans les PME, la direction communique plus souvent avec les employés, ce qui est généralement apprécié», note Jamal Ouadahi, professeur en gestion de ressources humaines à l’Université de l’administration publique (ENAP).


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