Tendances

C’est bien meilleur le gratin (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 7 no. 8 septembre 2006

Ces palmarès peuvent aider les entreprises à évaluer la qualité de leur gestion des ressources humaines, d’autant plus que l’inscription ne coûte rien, ou presque.

Mais, si ces sondages sont si justes, comment Wal-Mart peut-elle régulièrement se glisser dans le Top 50 de Hewitt, alors qu’elle s’oppose farouchement à la syndicalisation de ses troupes? Parce que c’est un employeur qui mobilise son monde, répond en substance Daniel Drolet, de Hewitt. C’est-à-dire que la célèbre bannière étoilée amène ses gens à faire tout ce qu’ils peuvent pour aider l’entreprise – sans utiliser le fouet! En clair, «l’entreprise s’assure que ses travailleurs savent exactement ce qu’on attend d’eux, qu’ils ont les outils et la formation nécessaires, qu’ils ont des superviseurs disponibles et à leur écoute, que leur performance est régulièrement évaluée et qu’ils tirent quelque chose de celle-ci, etc.», explique le coordonnateur.

«Un employeur est “bon” s’il prend soin de sa main-d’œuvre en l’encadrant bien, en lui donnant des occasions de progresser et en faisant la promotion de valeurs positives, comme le travail d’équipe. C’est exactement ce que font Wal-Mart et McDonald’s!» renchérit Sylvain Tétreault, associé principal chez Action PME, firme spécialisée dans la gestion des ressources humaines (GRH). Quant aux faibles salaires qu’offrent ces deux icônes américaines, «ils sont équitables selon les normes du marché : un serveur chez McDonald’s qui commence fera le même salaire que dans un restaurant plus chic.»

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Les absents ont toujours…

Le grand défaut de ces palmarès? La participation y est volontaire. Mediacorp envoie quelque 6 000 invitations mais reçoit seulement 1 000 réponses. Le Défi Meilleurs Employeurs, lui, recueille une cinquantaine de participations alors qu’il y a au Québec… quelque 10 000 entreprises de plus de 50 employés! «Certaines ont peut-être d’excellents programmes de ressources humaines, mais ne participent pas à ces sondages parce qu’elles ne recherchent pas de visibilité, ou parce qu’elles ne sont pas en mode d’embauche, par exemple», note Sylvain Tétreault.

«Nous ne participons pas à ces sondages-là parce qu’ils demandent du temps et des ressources et que ça ne fait pas partie de notre travail comme tel, dit Ron Damiani, porte-parole de Costco pour le Canada, concurrent de Wal-Mart. Nous rémunérons très bien nos employés, et nous les traitons très bien. Les gens le savent, même sans palmarès.»

Cela dit, ces palmarès peuvent aider les entreprises à évaluer la qualité de leur gestion des ressources humaines, d’autant plus que l’inscription ne coûte rien, ou presque. «Quand nous avons participé au Défi Meilleurs Employeurs 2006, notre objectif n’était pas de gagner : nous voulions obtenir de l’information de nos employés afin de s’en inspirer», dit Pierre Tourigny, directeur des ressources humaines au Cégep de Drummondville. De fait, même si le collège ne s’est pas classé parmi les meilleurs, l’exercice n’a pas été vain : à la suite de l’analyse de Watson Wyatt, l’établissement a amélioré son programme de reconnaissance et a interrogé ses troupes sur ses activités sociales. «Avant d’acheter un cadeau à un des membres de notre personnel, on demande maintenant l’avis d’un de ses amis», illustre l’administrateur. Par ailleurs, le taux de participation au tournoi de golf a doublé!

Ces sondages, en tout cas, semblent là pour rester. «Les ressources humaines sont devenues un avantage concurrentiel, explique Jamal Ouadahi. C’est la seule chose qu’on ne peut pas copier : on peut vendre le même produit ou utiliser les mêmes technologies que notre concurrent, mais chaque individu à notre emploi est unique.» Raison de plus pour essayer, notamment grâce à ces palmarès, d’attirer les meilleurs travailleurs possible ou de fidéliser ceux qu’on a déjà.

Pour l’instant, la plupart des entreprises se désintéressent de ces classements annuels, à l’instar de Costco. Mais d’autres n’attendent que le renouvellement de leur programme de ressources humaines pour s’y lancer! «Nous avons vécu beaucoup de chambardements au Mouvement Desjardins ces dernières années : nous avons remanié en profondeur nos politiques de rémunération et de conciliation travail-famille et fusionné la Confédération et les fédérations régionales. Nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour participer aux sondages! Mais nous le ferons probablement en 2008, quand nous aurons harmonisé nos façons de faire dans l’ensemble du réseau», explique André Chapleau, directeur de l’information et des relations de presse de la coopérative financière.

Dans l’espoir de gagner, bien sûr! Quitte à figurer sur le même palmarès… que Wal-Mart.


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Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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