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Le sommet des régions

Depuis quelques années, la force du dollar canadien et la concurrence des pays émergents exercent une forte pression sur l’économie de nos régions. N’empêche, voici trois coins de la province à qui tout sourit… ou presque.

par Jean-Sébastien Marsan, Geneviève Dubé et Anick Perreault-Labelle


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 1 Janvier 2007


Laurentides

Tourisme, villégiature, construction, commerce, secteur manufacturier : l’économie des Laurentides est l’une des plus dynamiques et diversifiées du Québec. La création d’emplois et la croissance démographique laurentienne devraient trôner en tête du palmarès provincial au cours des prochaines années.

Dans la région, presque trois salariés sur quatre œuvrent dans le vaste secteur des services. «Ce domaine d’activité économique sera la plus importante source d’emplois au cours des prochaines années», souligne Robert Gareau, économiste pour Emploi-Québec, Direction régionale des Laurentides. Les domaines les plus créateurs d'emplois seront l’hébergement et la restauration, les loisirs, les services professionnels, scientifiques et techniques (firmes d’ingénieurs, cabinets comptables, d’avocats, de conseils en gestion, etc.), de même que la santé.

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Le secteur récréotouristique attire d’énormes investissements. Les phases III et IV du mont Tremblant, actuellement en cours de construction, représentent un apport de 1 milliard de dollars sur 10 ans. Selon le promoteur, la construction du site devrait créer environ 1 760 emplois par année en moyenne sur 10 ans, puis environ 5 200 emplois permanents (directs et indirects) sur une décennie.

Autre grand projet à surveiller : au début de 2008, l’ancien site de l’Aéroport international Montréal-Mirabel sera transformé en un mégacomplexe de divertissement baptisé Rêveport, au coût de 300 millions de dollars. Des observateurs doutent cependant de la rentabilité de Rêveport, qui s’ajoutera au complexe récréocommercial Lac Mirabel. «Sans parler de saturation, c’est quand même beaucoup de développement dans un seul et même créneau et dans un environnement géographique assez rapproché», souligne Benoît Leduc, économiste à Service Canada, pour les régions de Laval, des Laurentides et de Lanaudière.

Dans le secteur de la construction, de gros projets résidentiels et commerciaux retiennent l’attention. Le Faubourg Boisbriand, construit sur le site de l’ancienne usine de General Motors, est un projet de complexe immobilier de 775 millions de dollars qui s’échelonne sur 7 ans. «Cela générera d’abord de l’emploi dans la construction et ensuite dans le secteur tertiaire : commerces, services, etc.», explique Robert Gareau.

Toutefois, la frénésie de mises en chantier résidentielles devrait ralentir. «Selon des organismes comme la Commission de la construction du Québec, on doit s’attendre à ce que le secteur résidentiel ne puisse plus soutenir la cadence des dernières années», précise M. Gareau.

Du côté du secteur manufacturier, le matériel de transport demeure le moteur de la région. Pour construire une nouvelle famille d’hélicoptères commerciaux, Bell Helicopter Textron, à Mirabel, créera 600 emplois sur une période d’au moins 15 ans. Le matériel de transport terrestre devrait aussi contribuer à l’embauche. L’usine Paccar, à Sainte-Thérèse, se porte bien, et à Saint-Eustache, Nova Bus a décroché un contrat de 300 millions de dollars pour effectuer l’assemblage de plusieurs centaines d’autobus au cours des prochaines années.

Capitale-Nationale

Les marteaux vont résonner dans la Capitale-Nationale puisqu’une foule de grands travaux d’infrastructures sont lancés ou se poursuivent. Même l’économie est en rénovation! Comme la fonction publique est appelée à diminuer, les pouvoirs publics soutiennent des entreprises innovantes pour favoriser la création d’emplois dans d’autres secteurs.

En 2007, la Capitale-Nationale vivra donc au rythme des travaux d’infrastructures. «Cela va favoriser les métiers scientifiques, professionnels et techniques, comme le génie civil», analyse Daniel Marois, économiste à Service Canada. «Ces grands projets atténueront les pertes d’emplois anticipées dans certains secteurs d’activité, dont la construction résidentielle», ajoute Martine Roy, économiste à Emploi-Québec.

Pour se donner un coup de jeune et planifier les célébrations de son 400e anniversaire en 2008, la Ville de Québec peut compter sur un budget de 250 millions de dollars. Elle réaménage notamment la promenade Samuel-De Champlain, le bassin Louise, la Pointe-à-Carcy et la baie de Beauport. «Outre le fait que cet événement accroîtra notre visibilité et attirera les touristes, 60 % des nouvelles infrastructures seront permanentes», affirme M. Marois. De plus, «ces équipements faciliteront la présentation d’activités de toutes sortes une fois les fêtes terminées et engendreront des retombées économiques supplémentaires», estime Martine Roy.

En 2007, on s’attend à ce que les secteurs pharmacologique et biomédical soient très dynamiques.

Un autre chantier important : l’agrandissement du centre de ski Le Massif. Le promoteur, le Groupe Le Massif, veut le transformer en un complexe récréotouristique quatre saisons. Le projet de 230 millions de dollars devrait inclure davantage de pistes de ski, un train touristique reliant Québec et La Malbaie, divers types d’hébergement, des commerces et une ferme, entre autres. Au total, cela devrait créer 600 emplois permanents d’ici à 2011. Notons que certains postes saisonniers deviendront permanents.

Toujours en 2007, on s’attend à ce que les secteurs pharmacologique et biomédical soient très dynamiques. «Le laboratoire de recherche clinique Anapharm investit 20 millions de dollars dans la région, la compagnie pharmaceutique anglo-américaine GlaxoSmithKlein, 72 millions, et le Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université Laval, 42 millions, énumère Martine Roy. Ces investissements créeront des emplois très spécialisés sans générer de gros volumes d’embauches.»

Par ailleurs, «les gouvernements du Québec et d’Ottawa soutiennent les activités de recherche et développement des organismes et des entreprises qui se démarquent par leurs produits ou leurs modes de fabrication : les Créations Foam, Victhom ou l’Institut national d’optique [INO], par exemple», dit Mme Roy. Les Créations Foam est un leader dans le domaine du plastique expansé et a notamment créé les fameuses sandales Crocs, antimicrobiennes et résistantes aux taches et aux odeurs. Victhom développe des prothèses bioniques qui répondent aux influx nerveux, tandis que l’INO se spécialise dans des technologies basées sur la lumière, dont un système de détection des fissures dans la chaussée.


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