Dans les années 1960, les futurologues prédisaient une robotisation généralisée qui amènerait, vers l’an 2000, une pure «société des loisirs» où le travail humain serait presque inutile. Ces pronostics péchaient, hélas, par excès d’optimisme! Au contraire, aujourd’hui, les travailleurs s’affairent au boulot de plus en plus longtemps.

L’accroissement de la longévité a un prix : l’augmentation de l’âge moyen de la retraite. «Aujourd’hui, cet âge est d’environ 64 ans pour les hommes et 62 ans pour les femmes, explique Benoît Dostie, professeur agrégé en économie du travail à HEC Montréal. Chaque groupe travaille environ deux ans de plus qu’il y a une dizaine d’années.»
Pendant plusieurs décennies, l’âge moyen de la retraite a constamment diminué. La santé des travailleurs de 55 ans et plus s’est cependant tellement améliorée que, soudain, ceux-ci restent professionnellement actifs plus longtemps que jamais.
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L’Ontario a aboli, en 2006, la retraite obligatoire pour les travailleurs de 65 ans et plus. «Quand la loi les empêchait de travailler dans leur province, ils déménageaient parfois au Québec et leur savoir-faire était perdu pour l’Ontario», raconte M. Dostie. «Ce changement s’imposait d’autant plus que beaucoup de baby-boomers n’ont pas épargné assez d’argent pour se permettre de cesser d’en gagner», ajoute Pierre Gauthier, psychologue industriel et conférencier.
À ce sujet, M. Gauthier va encore plus loin. «Pourquoi faudrait-il disparaître du marché du travail quand on peut alléger son horaire ou faire du coaching? Quel avantage aurait une société à éliminer les plus vieux quand on annonce, sur le marché du travail, une pénurie de main-d’œuvre?» Pendant longtemps, les gens ont travaillé tant qu’ils en avaient la capacité. Aujourd’hui, c’est souvent par choix qu’ils décident de prolonger leur carrière.
Pierre Gauthier a noté que de nombreux retraités se surprennent à regretter le marché du travail et choisissent d’y revenir. «Habituellement, un boomer qui recommence à travailler va choisir son emploi. Il sait ce qu’il veut et ce qu’il vaut. Il est moins gêné de demander des conditions faites sur mesures pour lui.» Ce phénomène touche presque tous les domaines professionnels, notamment celui, très large, des services-conseils.