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Tendances
Bénévolat d’entreprise

Actions de grâce

En prêtant leur main-d’œuvre à des organismes sans but lucratif, les entreprises polissent leur image, valorisent leurs employés, développent l’esprit d’équipe et font une bonne action. Les travailleurs, eux, en redemandent.

par Charles Messier


Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 9
octobre 2008


«On a vissé, planté des clous, coupé des planches, pelleté… on a fait plein d’affaires!» raconte avec enthousiasme Emma Glover, une expéditrice des commandes spéciales chez Home Depot.

En ce beau jeudi de juillet, elle n’était pas dans son grand entrepôt de Pointe-Claire. Elle et une dizaine de collègues étaient plutôt occupés à aménager un jardin communautaire des environs, un projet chapeauté par Parrainage civique. Sollicitée par cet organisme, l’entreprise de rénovation a offert des matériaux et a invité ses employés qui le voulaient bien à mettre les mains à la terre pendant une journée, sans salaire.

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Emma Glover en était à sa deuxième expérience du genre. Et elle compte bien récidiver. «Pendant une journée, on est un petit groupe d’employés ensemble, on fait quelque chose de bien et on rit, raconte-t-elle. Au début, on regarde ça et on se dit qu’il y a beaucoup de travail à faire, mais quand c’est terminé, les gens de la communauté sont heureux et ça donne le sentiment du devoir accompli.»

Après coup, elle ramène sa fierté au boulot. «L’équipe retourne au travail et tout le monde parle de ce qu’on a fait, explique-t-elle. Chaque fois, ça convainc un autre employé de s’impliquer parce que tout s’est bien passé et qu’on a fait une belle job

Bienvenue dans l’ère du bénévolat d’entreprise, où les compagnies affichent leur engagement social en mettant leur main-d’œuvre et leur expertise au service d’organismes communautaires ou caritatifs.

Rattraper le retard

De tels partenariats existent depuis près d’un siècle aux États-Unis et en Angleterre, depuis une trentaine d’années au Canada et depuis environ cinq ans au Québec, selon la gestionnaire en engagement social des entreprises à Bénévoles Canada, Wendy Mitchell. Si le Québec traîne un peu de la patte, c’est que le bénévolat s’y fait surtout sur une base individuelle. Aux États-Unis et en Angleterre, il se pratique davantage par l’entremise des compagnies.

Mais les multinationales qui se sont implantées ici dans les dernières années ont amené avec elles leur culture. Grâce à elles, le bénévolat d’entreprise fait tranquillement son chemin.

Pour les organismes de charité, l’arrivée d’un groupe d’employés peut être un coup de main salutaire. Mais cela peut se transformer en cadeau empoisonné si les bénévoles d’un jour sont mal coordonnés et qu’ils retardent les activités normales. «Pour éviter les pertes de temps, Bénévoles Canada a élaboré un programme qui prépare les organismes à recevoir de petits groupes de travailleurs, explique Wendy Mitchell. On fait toute la gestion des projets en coordonnant les bénévoles de l’entreprise et l’organisme.»

La cerise sur le gâteau : beaucoup de compagnies rajoutent un don en espèces sonnantes. «Une entreprise peut donner 500 ou 1 000 $ en plus d’une quarantaine d’heures de services», explique Wendy Mitchell.

TELUS, de son côté, s’engage à égaler les dons faits individuellement par les employés ou ceux amassés à l’occasion d’activités de financement. «En 2007, on a remis 5,3 millions de dollars à des organismes au Canada, dit la vice- présidente aux communications et au marketing, Anne-Marie LaBerge. Par exemple, si un employé décide de faire un lave-o-thon pour un organisme qui lutte contre le décrochage scolaire, TELUS va verser un montant égal à la somme des dons recueillis.» À l’occasion, l’entreprise de télécommunication invite également ses employés à aller prêter main-forte à divers organismes.


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