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La récession force certains employeurs canadiens à limiter les augmentations salariales pour 2009. Il faut s’attendre à ce qu’elles soient moins importantes que prévu… à moins que les pénuries de main-d’œuvre ne viennent sauver la mise?

Les économistes ont été pris de cours par la force du ralentissement économique et ont dû revoir leurs enquêtes salariales pour 2009. Ainsi, un sondage mené par Hewitt & Associés, en octobre dernier, indique que 36 % des entreprises réduiront leur budget d’augmentations salariales. L’été dernier, les employeurs avaient prévu accorder une hausse moyenne de 3,8 % en 2009. Ils ont maintenant rajusté les prévisions à 2,8 %.
«Il y a toujours un petit écart entre les augmentations que l’on observe et les enquêtes prévisionnelles effectuées des mois plus tôt, indique Michel Dubé, directeur des services-conseils en rémunération chez Morneau Sobeco. Ces écarts risquent d’être encore plus prononcés en 2009 si ce contexte économique se poursuit», dit-il.
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D’autres experts estiment toutefois que les travailleurs n’ont pas à s’en faire dans l’immédiat. «Si la tendance se maintient, les effets négatifs pourraient se faire sentir davantage dans un an», prévoit Florent Francœur, président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés. Les entreprises pourraient alors vouloir concentrer leurs efforts sur la réduction des coûts plutôt que sur les augmentations salariales des employés.
Les pénuries de main-d’œuvre pourraient-elles faire dévier ces prévisions? Difficile à dire. Plusieurs facteurs influencent le budget d’augmentations salariales des entreprises. La compétence, la performance des employés ou le manque de personnel disponible peuvent justifier des hausses. Toutefois, en raison du contexte économique, la capacité de payer ou la rentabilité réduite pourrait déstabiliser le budget des entreprises, entraînant des ajustements salariaux à la baisse. Prudence oblige, les employeurs chercheront peut-être davantage à sécuriser leur situation en 2009.
La récente mise à jour prévisionnelle du Groupe-conseil Aon indique que le Canada connaît l’une des pires situations de rareté des talents des pays industrialisés.
Certaines organisations qui en souffrent maintiennent les augmentations salariales afin d’éviter d’exacerber une situation délicate. «Dans 70 % des cas, les employeurs ont décidé de maintenir leurs projections», indique Stéphane Paré, conseiller principal au Groupe-conseil Aon.
Toutefois, précise-t-il, la manière de gérer les augmentations de salaires sera peut-être plus stratégique dans le futur. En d’autres mots, l’employeur cherchera à conserver ses employés modèles pour maintenir ou augmenter le rendement de l’entreprise.
«Concrètement, le bon employé qui gagne 50 000 $ annuellement peut s’attendre à avoir une augmentation d’environ 1 250 $», illustre Stéphane Paré. Le calcul est basé sur une moyenne de 2,5 % d’augmentation, ce qui, aux yeux du spécialiste, demeure respectable compte tenu de la crise financière. Bon à savoir avant d’aller négocier.