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Que reste-t-il de notre industrie automobile?

Les difficultés des trois grands constructeurs automobiles américains ont des répercussions chez nous. Avant la crise, le Québec comptait 170 fabricants de pièces de véhicules qui employaient près de 12 000 travailleurs. Est-ce la fin de ce qui reste de notre industrie automobile?

par Jonathan Vianou


Magazine Jobboom
Vol. 10 no. 2
février 2009


Rien ne va plus pour les fabricants québécois de pièces automobiles. Les fermetures d’usines (GDX Automotive, Dana, Aleris, Montupet, Dayco Fluid Technologies) et les réductions de personnel (Waterville TG, Veyance Technologies, Raufoss Canada) se succèdent à un rythme effréné depuis deux ans.

Selon le Conference Board du Canada, 15 000 travailleurs de l’automobile pourraient perdre leur emploi au pays en 2009. Mais déjà, du côté des Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA-Québec), c’est la panique. «Nous avons perdu la moitié de nos 4 000 membres depuis le début de la crise, il y a deux ans», souligne Jean-Pierre Fortin, le directeur du syndicat.

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«Le Plan d’aide gouvernemental (fédéral) est indispensable pour traverser la tempête, mais on vit actuellement une période tampon, poursuit Jean-Pierre Fortin. Les entreprises tentent de diversifier leurs services, afin de ne pas dépendre seulement du secteur automobile, mais entre-temps, plusieurs n’ont pas le choix de faire des mises à pied.»

«Mais qui y a-t-il à aider au Québec? se demande Louis Hébert, professeur à HEC Montréal. L’objectif d’une intervention, ce n’est pas tant de sauver des entreprises que d’éviter une dégradation du tissu social. En cas de crise, il serait donc logique d’aider des secteurs importants comme l’industrie forestière ou le secteur aéronautique. Or, l’industrie automobile québécoise s’est arrêtée avec la fermeture de l’usine de GM à Boisbriand en 2002.

Aujourd’hui, peu de nos entreprises sont des fournisseurs de première ligne aux trois grands constructeurs automobiles américains – Ford, GM et Chrysler.» En effet, la très grande majorité a moins de dix employés et offre plutôt des services de consultation ou des produits spécialisés aux fabricants de pièces.

La situation demeure toutefois problématique pour plusieurs de ces PME, dont Conceptromec, située à Magog, qui conçoit des équipements automatisés pour les fabricants de pièces automobiles.

Pour survivre, l’entreprise a mis à pied quelques travailleurs, a ouvert une usine au Mexique afin de diminuer ses coûts, et tente de percer de nouveaux secteurs, gardés confidentiels. «Juste passer à travers l’année 2009 va être un exploit en soi», confie Stéphane Bégin, le pdg.

D’autres résistent bien à la tempête. Lavergne Performance Composite prévoit avoir un carnet de commandes plus garni cette année que l’année dernière. «Les fournisseurs utilisent notre plastique pour mouler les pièces qu’ils vendent aux constructeurs automobiles, explique Jean-Luc Lavergne, président de l’entreprise montréalaise. Comme notre produit est recyclé, il permet à nos clients d’économiser jusqu’à 25 % des coûts.» L’entreprise a diversifié ses services depuis quelques années, de sorte que le secteur automobile ne compte que pour 40 % de son chiffre d’affaires, le reste provenant du milieu de l’électronique. Belle démonstration de sélection naturelle!


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Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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