Tendances

Inquiétude chez les tenanciers (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 10 no. 6
juin-juillet 2009

Un autre coup dur pour une industrie qui ne s’est pas remise de l’entrée en vigueur, en 2006, de la loi anti-tabac interdisant de fumer dans les établissements publics fermés. C’est du moins ce que soutient Peter Sergakis, président de l’Union des tenanciers de bars du Québec. «Les fumeurs représentent 85 % de notre clientèle!» rappelle le tenancier à la voix râpeuse.

Forcés, été comme hiver, de faire le pied de grue à l’extérieur pour fumer leur clope, des clients rentrent à la maison plus tôt ou y restent, d’après Peter Sergakis.

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Vrai que les bars ont enregistré une baisse d’achalandage avec la loi anti- tabac. À preuve, la Société des loteries vidéo du Québec a enregistré une baisse de revenus de 15,5 % en 2006-2007. «Mais la plupart des fumeurs qui ont boycotté les bars sont revenus», croit Renaud Poulin. Il souligne que de nouveaux consommateurs, qui viennent d’atteindre la majorité, s’ajoutent chaque année à la clientèle. Ceux-ci n’ont pas connu la cigarette dans les bars.

Exploiter la fibre sportive

N’empêche, les bars doivent faire des efforts pour séduire la clientèle. Afin d’attirer des clients – surtout des travailleurs, âgés de 30 à 60 ans –, Pierre Benoit diffuse les matchs du Canadien, en plus d’organiser des spectacles d’humour, des soupers de homard et des tournois de cartes et de dards.

Plusieurs établissements exploitent comme lui la fibre de la Sainte-Flanelle des Québécois. Sans oublier l’uppercut de Lucian Bute! Même le Miss Villeray, qui ne se qualifie pas de bar sportif, a installé un discret grand écran rétrac­table pour diffuser des émissions sportives. «Il y a une demande pour cela», dit Alain Bourgeois.

Reste que le créneau sportif n’est pas la panacée. La chaîne La Cage aux Sports, dont les 49 succursales offrent 8 ailes de poulet gratuites au cinquième but du Tricolore, a ouvert 3 restos-bars dans la province en 2008. Ses ventes ont malgré tout diminué de 0,4 % entre janvier et mars.

«Beaucoup de gens possèdent un cinéma maison, une télévision à écran à plasma ou à haute définition», dit David Messier, directeur du marketing et des communications du Groupe Sportscene, propriétaire de La Cage aux Sports. «Ils peuvent donc choisir de se regrouper entre amis à la maison pour regarder un match.» Le sportif de salon n’a peut-être jamais si bien porté son nom!

D’autant que la consommation à domicile est en hausse ces dernières années, selon Alain Madgin, président-directeur général de l’Association des brasseurs du Québec. En plus d’être économique, la formule «j’invite tout le monde à la maison» est sécuritaire. Du moins pour l’hôte, qui ne risque pas de péter la balloune sur le chemin de sa chambre à coucher.

Ce cocooning pourrait s’accentuer avec le vieillissement de la population. Mais qui dit vieillesse dit aussi baisse de consommation d’alcool. «Ce phénomène nous [les brasseurs] préoccupe, dit Alain Madgin. À compter de 2011, le nombre de gens âgés de moins de 40 ans diminuera de 1 % par année. C’est énorme!»

Les établissements devront s’adapter à leur nouvelle réalité. Avec le Miss Villeray, Alain Bourgeois et le comédien Nicolas Canuel, copropriétaire, ont voulu créer un bar de quartier à leur image. «Tout a été conçu pour favoriser les échanges et les interactions», dit Alain Bourgeois. Jusqu’aux tables de bois, étroites, pour que les couples puissent se toucher.

Les décors changent, mais la mission première des bars demeure : favoriser la socialisation…

Consommation annuelle d’alcool du Québécois moyen (en litres)

Boissons 2002 2007
Bière 95 94
Vin 16,9 20,1
Spiritueux 3,6 4

Source : Statistique Canada


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Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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