Tendances

Chaudronniers sous pression

De tous les métiers du domaine de la construction, celui de chaudronnier est généralement l’un des plus recherchés. Pourtant, en pleine récession, 80 % des 800 travailleurs ont dû rester à la maison cet hiver.

par Simon Coutu




Les chaudronniers s’occupent de l’installation et de la réparation de réservoirs sous pression, des générateurs de vapeur, des chaudières et des tours. Au Québec, ils travaillent principalement dans les raffineries, les usines de pâtes et papiers, les aciéries et les alumineries, des industries que la crise n’a malheureusement pas épargnées. Les contrats de travail ont diminué au cours des derniers mois, mais les chaudronniers devraient réinvestir les usines à l’automne… si la relance économique est au rendez-vous.

Dépendants du secteur manufacturier

L’essentiel du travail des chaudronniers se fait en milieu industriel, ce qui explique la vulnérabilité du métier en période de ralentissement économique. La récession affecte l’ensemble des travailleurs québécois du secteur. «La crise dans le domaine des pâtes et papiers n’a jamais été aussi forte, dit Guy Villemure, gérant d’affaires de la section locale 271 du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction, le syndicat qui représente les chaudronniers. Les fermetures d’usines à papier partout au Québec perturbent beaucoup le domaine. Avec le ralentissement de la production de sable bitumineux en Alberta, les investissements dans les raffineries de l’est de Montréal ont été retardés.»

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Deux fois plus de diplômés cette année

Le Centre de formation des métiers de l’acier (CFMA), à Montréal, est le seul établissement à offrir le diplôme d’études professionnelles (DEP) Chaudronnerie. Avant les turbulences économiques, le nombre de diplômés ne suffisait pas à combler les besoins de main-d’œuvre des employeurs. Le Centre a décidé de former cette année deux fois plus de chaudronniers, malgré la récession. Ils seront une cinquantaine à investir le marché du travail en novembre 2009 et en mars 2010.

La période de vaches maigres ne devrait pas durer, selon le directeur du CFMA, Denis Ouellet. «Personne n’a de boule de cristal, mais il devrait y avoir une reprise en septembre prochain, dit-il. C’est un métier toujours très recherché. Les usines vieillissent et elles ont besoin de rafraîchissement.»

Manque de main-d’œuvre

Ganotec, une entreprise qui œuvre dans le domaine des produits pétroliers, gaziers et chimiques, engage environ 150 chaudronniers par année. Avec la hausse du prix de l’essence, le directeur de la division des raffineries, Eugène Arsenault, s’attend lui aussi à un manque de main-d’œuvre dès l’automne. «Ça va me prendre beaucoup plus qu’une récession pour paniquer, s’exclame-t-il. Je viens de refuser un contrat parce qu’il va me manquer une centaine de chaudronniers pour effectuer les travaux.»

Le CFMA estime que 225 chaudronniers vont prendre leur retraite dans les dix prochaines années, soit 30 % du bassin de travailleurs. M. Arsenault croit que les futurs diplômés n’ont pas à s’inquiéter pour leur avenir. «Mon fils est chaudronnier. Si j’en avais un deuxième, je l’encouragerais à se lancer lui aussi!»


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Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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